1. Accueil
  2. Actu
  3. Société
  4. Ce que l'on sait des appels à la violence visant la communauté asiatique
3 min de lecture

Ce que l'on sait des appels à la violence visant la communauté asiatique

ÉCLAIRAGE - Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris après des appels à la violence visant la communauté asiatique et publiés sur les réseaux sociaux. Les associations appellent à porter plainte.

Le fronton de la police nationale (illustration)
Le fronton de la police nationale (illustration)
Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
Marie Zafimehy

Des appels à la violence contre la communauté asiatique ont été publiés sur les réseaux sociaux dans la foulée de l'annonce du reconfinement par Emmanuel Macron, mercredi 28 octobre. Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris pour "provocation publique à commettre une atteinte à l'intégrité physique d'une personne à caractère raciste". Les investigations ont été confiées à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).

"C'est la première fois qu'il y a de tels messages sur les réseaux sociaux, a expliqué Sun Lay Tan, porte-parole du collectif Sécurité pour tous qui regroupe une 64 associations dont la plupart asiatiques, sur France 5 mardi soir. Avant c'était des agressions, c'était des insultes dans la rue, notamment en février-mars quand il y a eu l'apparition du coronavirus dont on rendait la communauté asiatique responsable." Ces messages ont été partagés des centaines de fois et likés des milliers de fois, selon lui. "On est monté d'un cran".

Plaintes déposées

Face aux messages haineux publiés sur Twitter, une plainte a été déposée et un signalement effectué sur la plateforme Pharos. La Licra a annoncé jeudi 29 octobre saisir "la justice pour que cessent les appels à la haine contre les personnes asiatiques" et a demandé au réseau social de fermer "de toute urgence" les comptes des personnes à l'origine de ces appels à la violence. Dimanche matin, les tweets les plus virulents n'étaient plus visibles et des comptes ont été suspendus.

Contacté par RTL.fr, Sun Lay Tan de Sécurité pour tous affirme de son côté que les associations du collectif vont porter plainte "par principe" et invite les membres de la communauté asiatique, qui saisissent peu la justice malgré les actes dont ils sont victimes, à faire de même individuellement. Afin de faciliter cette tâche, l'organisation prépare un "guide pratique" dont "la première phase" est la publication d'un modèle de "lettre-type au procureur de Paris" sur sa page Facebook. Ce document sera disponible dans les prochains jours, assure Sun Lay Tan.

À lire aussi

L'Association des jeunes Chinois de France (AJCF) appelle aussi les victimes à porter plainte. "Si vous êtes victime ou simple témoin de comportement ou de propos répréhensibles, il FAUT porter plainte et/ou le signaler à une association de notre collectif. Sans plainte, il n'y a officiellement aucun délit, crime ou même victime", écrit-elle sur sa page Facebook

Comme le souligne 20 Minutes, un collectif, le "collectif asiatique antiraciste", s'est aussi spécialement créé pour dénoncer ce déchaînement de violence, qui provient pour partie d'autres communautés. "Au lieu de nous retourner les un·e·s contre les autres et de faire ainsi le jeu des fascistes, rappelons-nous la détresse de nos sœurs, frères et adelphes visé·e·s par la négrophobie et l’islamophobie qui font face à l’impunité des violences", écrit le collectif dans son manifeste.

Une atmosphère anxiogène

Comme le raconte Le Parisien, une atmosphère anxiogène s'est installée au sein de la communauté asiatique depuis la publication de ces appels à la violence. "Les gens, surtout les personnes âgées, n'osent pas sortir non pas à cause du virus mais par peur de se faire agresser !", résume Jacques Hua, un responsable associatif auprès du quotidien. D'autres se font agresser en pleine rue, c'est le cas de Françoise qui témoigne aussi dans le journal. "Ils m’ont craché dessus, m’ont insultée. Et les coups ont commencé à pleuvoir", décrit la trentenaire. 

Au printemps des faits similaires avaient été observés, et la communauté asiatique s'était mobilisée via le hashtag #JeNeSuisPasUnVirus. "Il faut agir vite", a déclaré au Parisien le député de Paris d'origine cambodgienne Buon Tan. Selon le journal, ce dernier s'est entretenu avec le Haut conseil des Asiatiques de France samedi 31 octobre, et affirme avoir sollicité les préfets pour éviter, dit-il, "une escalade".

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/