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"Beaucoup de sexe, beaucoup de drogues et beaucoup d'alcool" : jugé pour viols, le fils de la princesse héritière de Norvège raconte sa vie d'excès

Jugé à Oslo pour viols et violences, Marius Borg Høiby a livré ce mercredi 4 février son premier témoignage. Le jeune homme de 29 ans décrit une vie d'excès, qu’il attribue à un besoin de reconnaissance lié à son statut au sein de la famille royale, tout en contestant les accusations les plus graves portées contre lui.

Marius Borg Høiby, fils de la princesse héritière de Norvège Mette-Marit, le 16 juin 2022

Crédit : HAKON MOSVOLD LARSEN / NTB / AFP

AFP & Yasmine Boutaba

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En jean et chemise débraillée sous un pull, Marius Borg Høiby, fils de la princesse héritière de Norvège, s’est présenté à la barre du tribunal d’Oslo visiblement éprouvé. Après avoir retiré de sa bouche du tabac à chiquer, le snus, il a fondu en larmes au moment de débuter son tout premier témoignage. 

Né d’une relation antérieure au mariage de sa mère Mette-Marit avec le prince héritier Haakon en 2001, le prévenu doit répondre de 38 chefs d’accusation. Parmi eux figurent quatre viols et des faits de violences à l’encontre d’ex-compagnes, des infractions passibles au total de 16 ans de prison. S’il a reconnu certains faits qu’il a qualifié de relativement mineurs, Marius Borg Høiby a rejeté les accusations les plus graves.

Le début de son témoignage a été consacré à une charge contre les médias norvégiens. L’accusé a assuré avoir été "harcelé" depuis l’âge de trois ans, moment où il a fait son entrée dans la famille royale. "Je suis surtout connu comme le fils de ma mère, pas comme autre chose". Selon lui, cette exposition précoce aurait nourri un profond mal-être. "J’ai donc eu un besoin de reconnaissance extrêmement élevé toute ma vie", a-t-il justifié. Un besoin qui, d’après ses propres mots, se serait traduit par "beaucoup de sexe, beaucoup de drogues et beaucoup d’alcool", décrivant une spirale d’excès qu’il présente comme une fuite en avant.

Des faits qui auraient eu lieu après des rapports consentis, selon l’accusé

Les quatre viols reprochés à Marius Borg Høiby auraient tous eu lieu après des rapports sexuels initialement consentis, souvent à l’issue de soirées fortement alcoolisées alors que les victimes n’étaient pas en état de se défendre. Ces faits ont émergé lors de l’examen par la police de photos et de vidéos, dans le cadre d’une enquête ouverte après un épisode de violences sur une jeune femme, qui avait conduit à une première arrestation le 4 août 2024.

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Auparavant, une première victime présumée avait témoigné du viol qu'elle aurait subi lors d'une after party. Les faits se seraient produits dans la nuit du 19 au 20 décembre 2018 dans la maison dont Høiby dispose sur le domaine royal de Skaugum où réside le couple princier, en dehors d'Oslo.

Elle n'en a pris pleinement connaissance que des années plus tard lorsque, convoquée pour une audition, la police lui a montré des photos et vidéos incriminantes saisies chez l'accusé, et sur lesquelles elle semble inconsciente, selon les enquêteurs. "Je n'y croyais pas. Je ne pouvais pas croire que Marius me ferait quelque chose comme ça. C'est une trahison et un choc", a-t-elle dit.

Lors de cette after party, après une brève relation sexuelle qu'elle dit avoir interrompue, elle aurait été victime d'un viol alors qu'elle n'était pas en état de résister, selon l'accusation. Elle-même ne se souvient pas de s'être endormie sur les lieux cette nuit-là, évoquant "un gros trou noir". Les photos et vidéos en cause n'ont pas été montrées aux médias qui ont interdiction de dévoiler l'identité de cette femme.

"Regardez mon visage: est-ce que j'ai l'air consciente? On voit bien que je suis complètement inconsciente. On dirait même que je ne respire pas", a-t-elle déclaré au sujet des images. "Je soupçonne que j'ai peut-être ingéré quelque chose à mon insu", a-t-elle dit. "C'est ce que je crois, à 100%", a-t-elle répondu, à la question de savoir si elle pensait avoir été droguée.

La défense a rétorqué qu'elle avait dit le contraire lors de son audition par la police, où elle aurait déclaré ne pas avoir eu le sentiment d'avoir été droguée. "Je ne me rappelle pas moi-même les avoir prises", a déclaré Høiby au sujet des mêmes images. "Mais, nous avons eu des relations sexuelles en étant complètement éveillés et consentants", a-t-il assuré.

La famille royale norvégienne en eaux troubles

Les quatre viols supposés ont tous eu lieu après des rapports consentis, souvent après des soirées arrosées alors que les victimes n'étaient pas en état de se défendre, selon l'accusation. La défense, de son côté, argue qu'il s'agissait à chaque fois de "relations sexuelles parfaitement normales et consenties".

Ce scandale, le plus gros qui ait jamais éclaboussé la famille royale norvégienne, a terni l'image de l'institution dans le pays scandinave. Le couple princier n'assistera pas au procès hautement médiatisé et qui doit durer sept semaines. Le palais royal a confirmé mercredi que Mette-Marit repoussait "jusqu'à nouvel ordre" un voyage à l'étranger qu'elle avait prévu.

Tiraillée entre ses rôles de mère et de future reine, la princesse mène déjà d'autres combats. Suite à la publication de nouveaux documents aux États-Unis, elle doit depuis ce week-end répondre de ses liens passés et apparemment étroits avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein. A 52 ans, elle lutte aussi contre une maladie pulmonaire incurable qui risque de lui valoir bientôt une transplantation périlleuse.

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