2 min de lecture Diplomatie

Avion russe abattu par la Turquie : Moscou adopte des sanctions économiques

Après que Moscou a annoncé des mesures de rétorsion contre la Turquie, Recep Tayyip Erdogan s'est dit "attristé" par ce grave accident aérien.

Vladimir Poutine le 26 novembre 2015.
Vladimir Poutine le 26 novembre 2015. Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / POOL / AFP
Marine Cluet et AFP

Le mardi 24 novembre, la Turquie abattait un avion militaire russe à la frontière syrienne, arguant que son dernier avait violé son espace aérien. Assurant que l'appareil se trouvait bien en Syrie, Vladimir Poutine affirmait peu de temps après que les conséquences sur les relations entre Moscou et Ankara seraient "sérieuses". Le président russe ne plaisantait pas, puisque ce samedi 28 novembre, la Russie a adopté un ensemble de sanctions économiques en représailles.

Les mesures contenues dans le décret signé samedi par Vladimir Poutine concernent aussi bien le commerce que l'emploi de main d'oeuvre ou le tourisme, des secteurs dans lesquels les liens entre les deux pays sont nombreux. Désormais, les employeurs russes ont pour interdition d'embaucher des travailleurs turcs, certaines marchandises turques ne seront plus importées et les "organisations sous juridiction turque" seront limitées dans leurs activités en Russie.

Le gouvernement russe a aussi été chargé "de prendre des mesures pour une interdiction du transport aérien charter" entre les deux pays, tandis que les tour-opérateurs devront "s'abstenir de proposer aux citoyens russes des produits impliquant une visite sur le territoire de la Turquie", alors que ce pays est la destination préférée des vacanciers russes.

Ban Ki-moon invité à désamorcer la crise

De son coté, Recep Tayyip Erdogan a joué l'apaisement. Lors d'un discours à Burhanye, dans l'ouest du pays, le président turc s'est dit "attristé" par ce grave incident aérien, affirmant qu'il aurait "préféré que cela n'arrive pas". Mais le ministère turc des Affaires étrangères a recommandé samedi à ses citoyens d'éviter tout déplacement non urgent en Russie, en raison des "difficultés que rencontrent les citoyens turcs qui voyagent ou qui résident" en Russie. Cette mise en garde restera valable "jusqu'à ce que la situation se clarifie".

À lire aussi
Lenglet - Coronavirus_795x530 diplomatie
Coronavirus : pourquoi cette crise est une opportunité pour la Chine

Dans une interview à la chaîne de télévision France 24, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a jugé samedi "regrettable cet incident entre deux membres essentiels de la coalition contre l'EI" (le groupe État islamique) et invité les dirigeants des deux pays "à désamorcer cette crise et la résoudre par le dialogue."

La colère de Moscou reste pourtant intacte. "De notre point de vue, il est désormais difficile de déterminer le niveau de prévisibilité des actions du pouvoir turc", a déclaré samedi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Vendredi, Moscou avait déjà annoncé rétablir l'obligation de visas pour les Turcs, ayant auparavant appelé les Russes se trouvant en Turquie à rentrer, en raison de "l'actuelle menace terroriste".

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Diplomatie Russie Turquie
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants