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Autriche : pourquoi les électeurs votent (encore) ce dimanche 4 décembre ?

ÉCLAIRAGE - Les électeurs sont une nouvelle fois appelés aux urnes pour élire leur président ce dimanche 4 décembre, sept mois après l'annulation du scrutin du 22 mai.

Le candidat du parti d'extrême droite autrichien Norbert Hofer
Le candidat du parti d'extrême droite autrichien Norbert Hofer
Crédit : ROBERT JAEGER / APA / AFP
Ludovic Galtier & AFP

En Autriche, la campagne est interminable pour les deux candidats qualifiés pour le second tour de l'élection présidentielle. Plus de 7 mois après le premier tour qui départageait six candidats, la ligne d'arrivée semble (enfin) en vue pour l'écologiste Alexander Van der Bellen (72 ans), universitaire à la retraite, et le candidat d'extrême droite, Norbert Hofer (45 ans), ex-ingénieur aéronautique ce dimanche 4 décembre. Le 24 avril dernier, les deux finalistes surprise de l'élection ont éliminé les représentants des partis traditionnellement au gouvernement depuis 1945 : le parti social-démocrate (SPÖ) et le parti conservateur (ÖVP).

Aussi inattendu que stupéfiant, le scénario de ce second tour allait prendre encore une nouvelle tournure un peu moins de trente jours plus tard. Chacun leur tour, les deux candidats ont été déclarés vainqueur. Norbert Hofer d'abord (au soir du dépouillement du 22 mai), Alexander Van der Bellen, visage des Verts autrichiens pendant plus de dix ans, ensuite. Le 23 mai, après le décompte des votes par correspondance qui se déroule toujours le lendemain du vote, l'écologiste grille la politesse à son adversaire direct, et devient le nouveau président.

Le scrutin du 22 mai annulé après constatation d'irrégularités

C'était sans compter la contestation du déroulement de l'élection en justice par Norbert Hofer, vice-président du parlement depuis 2013. Le candidat d'extrême droite met en cause les conditions dans lesquelles s'est déroulé le dépouillement des votes par correspondance. En clair, il assure qu'il a eu lieu soit en dehors des heures légales soit sans la supervision requise.

À la fin du mois de juin, la Cour constitutionnelle valide la théorie du candidat d'extrême droite et annule le scrutin. Un nouveau vote est d'abord prévu le 2 octobre, avant d'être reporté au 4 décembre pour cause de... "Uhugate". Un défaut de fabrication affecte alors les bulletins de vote par correspondance. Encore eux. Si tout se passe dans les règles, le président devrait être intronisé le 26 janvier.

Une campagne (de 350 jours) sur le thème de l'immigration et de l'Europe

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La question migratoire a été au centre de la campagne dans un pays de 8,5 millions d'habitants qui a enregistré 130.000 demandeurs d'asile depuis début 2015. Alexander Van der Bellen, a accusé Norbert Hofer et son parti anti-immigration FPÖ de provoquer l'insécurité en menaçant de faire sortir l'Autriche de l'Union européenne. M. Hofer a déclaré que s'il était au pouvoir il convoquerait un référendum sur une sortie de l'UE si la Turquie rejoignait l'Union ou si Bruxelles tentait de centraliser davantage le pouvoir. "Le FPÖ joue avec la sortie de l'Autriche (de l'UE) depuis 20 ans. De nombreuses personnalités politiques en Europe craignent que cette simple spéculation puisse provoquer (...) une avalanche de populisme d'extrême droite", a affirmé M. Van der Bellen lors du débat retransmis en direct sur la chaîne de télévision privée ATV. 

M. Hofer a dénoncé un discours "alarmiste". "Il n'y aura pas d'Öxit'", a-t-il déclaré, en référence au Brexit, le vote par référendum en juin en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l'UE, qui a ébranlé l'Union. "J'ai répété à plusieurs reprises que je voulais un développement positif de l'UE", a-t-il dit. Toutefois, si Alexander Van der Bellen a souligné l'importance des relations entre l'Autriche et son principal partenaire économique, l'Allemagne, Norbert Hofer a critiqué la chancelière Angela Merkel et expliqué vouloir tisser des liens plus forts avec les voisins d'Europe centrale et orientale, en premier lieu la Russie.

Le taux de participation peut s'avérer décisif

"Celui qui mobilisera le réservoir des abstentionnistes sera élu président", a affirmé dans la presse Christoph Hofinger, de l'institut Sora. En mai, la participation de 72,65% avait été particulièrement élevée mais elle pourrait cette fois pâtir, selon les observateurs, de la durée de la campagne et de la polarisation des débats.

À la veille du scrutin, les deux candidats sont au coude à coude dans les sondages et Norbert Hofer, qui avait perdu de justesse au second tour en mai avant que ce scrutin ne soit annulé, pourrait devenir le 4 décembre le premier président d'extrême droite de l'Union européenne, après quelque 350 jours de campagne.

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