2 min de lecture Autriche

Autriche : démission du vice-chancelier d'extrême droite au cœur d'un scandale

Heinz-Christian Strache, patron du parti d'extrême droite autrichien, a dû démissionner à la suite de la publication d'une vidéo le montrant en train de se compromettre avec une pseudo proche d'un oligarque russe.

Heinz-Christian Strache, président du FPO, le 25 mai 2014.
Heinz-Christian Strache, président du FPO, le 25 mai 2014.
Ryad Ouslimani
Ryad Ouslimani
et AFP

"J'ai remis au chancelier Sebastian Kurz ma démission de mes fonctions de vice-chancelier et il l'a acceptée". L'annonce a fait l'effet d'une bombe au sein du gouvernement autrichien et de l'ensemble de l'extrême droite européenne. Samedi 18 mai, Heinz-Christian Strache, le patron du FPÖ, parti d'extrême droite en Autriche, s'est présenté devant la presse pour un acte de contrition. 

Heinz-Christian Strache, 49 ans, a été débarqué par le chancelier Sebastian Kurz après s'être compromis avec la pseudo-nièce d'un oligarque russe dans une mise en scène apparemment destinée à le piéger. Le scandale, appelé "l'affaire d'Ibiza", a été révélé vendredi soir par les quotidien allemands Süddeutsche Zeitung et Der Spiegel

Il s'agit d'une vidéo tournée en caméra cachée il y a deux ans, et publiée par les deux médias. Le patron de l'extrême droite autrichienne y échange avec celle qu'il croit être liée à une influente personnalité russe, avec comme perspective d'obtenir un soutien financier en échange d'un accès aux marchés publics d'Autriche. Et ce à quelques mois des élections législatives de 2017. 

Contrôle de presse contre marchés publics

"J'ai fait une erreur et je ne veux pas que cela puisse fournir un prétexte pour affaiblir la coalition", a déclaré samedi Heinz-Christian Strache. Il démissionne aussi de ses fonctions à la tête du FPÖ, l'une des formations nationalistes les plus influentes de l'UE, alliée des mouvements de Matteo Salvini en Italie et Marine Le Pen en France.  

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La discussion, filmée lors d'une soirée arrosée dans une villa de l'île d'Ibiza (Espagne), porte notamment sur la prise d'une participation, par la pseudo-investisseuse russe, dans l'actionnariat du puissant tabloïd autrichien Kronen Zeitung, premier tirage du pays, afin d'en faire un média pro-FPÖ. Heinz-Christian Strache, qui est accompagné d'un de ses lieutenants, Johann Gudenus, explique à son interlocutrice qu'il pourra en échange de ce soutien lui obtenir des marchés publics. 

L'exemple Viktor Orban

Un deal dans lequel la possible résistance de la rédaction du journal autrichien ne semble pas faire frémir Heinz-Christian Strache. "Les journalistes sont les plus grandes prostituées de la planète", affirme-t-il. Depuis son retour au pouvoir en 2017, le FPÖ est accusé de s'en prendre aux médias, notamment à la télévision publique ORF qu'il accuse de manquer de neutralité. 

L'homme fort du FPÖ explique également vouloir "construire un paysage médiatique similaire à celui d'Orban", en Hongrie. Un Viktor Orban régulièrement critiqué pour ses atteintes massives au pluralisme de la presse. Une presse qui donc fait ses choux gras de "l'affaire d'Ibiza", qui est un coup monté pour piéger Heinz-Christian Strache, selon les médias allemands qui affirment ne pas savoir qui est derrière cette opération organisée.  

De son côté, Heinz-Christian Strache nie avoir commis le moindre acte répréhensible lors de cette soirée. Il parle "d'un attentat politique ciblé" dont il serait la victime. Il a en outre mis en cause la grande quantité d'alcool consommée ce soir-là qui l'aurait amené à se "vanter comme un adolescent" pour impressionner la visiteuse, jusqu'à tenir des propos "catastrophiques". "C'était idiot et irresponsable", a-t-il admis.  

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