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Australie : des diables de Tasmanie naissent en pleine nature, 3.000 ans après leur disparition

Espèce de marsupiaux ayant disparu du continent australien il y a près de 3.000 ans, 7 diables de Tasmanie ont vu le jour en pleine nature sur l’île-continent.

Cet adorable animal est le célèbre diable de Tasmanie, une espèce menacée. Celui-ci a été photagraphié au zoo de Sydney, qui joue un rôle important à la préservation de ce marsupial carnivore
Cet adorable animal est le célèbre diable de Tasmanie, une espèce menacée. Celui-ci a été photagraphié au zoo de Sydney, qui joue un rôle important à la préservation de ce marsupial carnivore
Crédit : GREG WOOD / AFP
Céline Morin
Journaliste

Ils avaient disparu du continent australien il y a près de 3.000 ans. 7 diables de Tasmanie ont vu le jour en pleine nature à Barrington Tops (au nord de Sydney), dans un sanctuaire de 400 hectares, a annoncé ce mardi 25 mai un groupement d’associations défendant la protection de l’environnement.

L’an passé, 26 diables adultes avaient déjà été réintroduits dans ce sanctuaire protégé par des barrières pour les préserver du monde extérieur (maladies, circulation routière…). L’opération, ayant lieu dans le cadre du Programme de protection des diables de Tasmanie, avait été présentée à l’époque comme "historique". 

Tim Faulkner, président d’Aussie Ark, l’une des organisations membre du projet explique : "Une fois que les diables étaient libérés dans la nature, c'était à eux de jouer, et c'était nerveusement éprouvant". Et d’ajouter : "il a fallu observer de loin jusqu'à ce que l'on puisse y entrer et avoir confirmation de la naissance des premiers petits nés dans la nature. Quel moment !". 

Selon les spécialistes qui ont pu inspecter les poches des femelles, les petits sont "en parfaite santé", mais d’autres examens auront lieu dans les prochaines semaines afin de voir comment ils grandissent. 

Une espèce en danger d’extinction

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Le "sarcophilus harrisii" n’est pas un animal dangereux, même s’il peut néanmoins attaquer s’il se sent en danger. Animal nocturne à la forure foncée – noire ou brune –, le diable de Tasmanie fait face depuis les années 1996 à une maladie qui a décimé près de 85 % de l’espèce. Tumeur mortelle dans presque tous les cas, elle est facilement transmissible notamment via les morsures que s'infligent entre eux les diables, très agressifs et dotés de mâchoires puissantes, quand ils s'accouplent ou se battent. 

Quand la tumeur atteint la bouche, les diables ne pouvant plus se nourrir, finissent tout simplement par mourir de faim. Selon les estimations, avant l’apparition de la maladie, on dénombrait 150.000 diables, contre 25.000 actuellement. Espèce protégée depuis 1941, les diables de Tasmanie sont désormais en danger d’extinction. 

Sur le continent, ils auraient disparu il y a quelque 3000 ans, probablement tués par les dingos. Le programme de protection des diables de Tasmanie ambitionne ainsi de créer une "population réserve" face à une maladie pour l'heure incurable, tout en participant à la restauration de l'environnement indigène. 

"De bon augure"

Le président de l’association Rewild, Don Church, la réintroduction des marsupiaux est une réussite, réussite qui  se mesure avec ces naissances. Il explique : "C'est de bon augure, non seulement pour cette espèce en danger, mais aussi pour les autres espèces que nous pouvons sauver avec des programmes de ré-ensauvagement de l'Australie". 

Aussie Ark prévoit d’introduire de nouveaux diables dans la zone protégée, mais ne compte pas s’arrêter là : dasyrus, wallabies et bandicoots pourraient également y faire leur entrée. Avant peut-être de placer ces diables dans des zones non clôturées pour les soumettre à la concurrence de davantage d'espèces.  

Ces évènements ne sont pas sans rappeler la réintroduction des loups dans le parc américain de Yellowstone dans les années 1990, qui a, selon des experts, eu une cascade d'effets positifs : régénération des buissons en bord de rivière, stabilisation des cours d'eau, retour des oiseaux et castors...

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