3 min de lecture Turquie

Attentat à Ankara : Qui est derrière la tuerie du 10 octobre?

Selon le gouvernement turque, l'État islamique serait le principal suspect du double attentat qui a fait 97 morts et près de 250 blessés lors d'une manifestation pacifiste dans la capitale turque samedi 10 octobre. Plusieurs voix dans l'opposition turque accuse le gouvernement d'être impliqué dans cette attaque.

Les services de secours turcs sur les lieux de l'attentat du 10 octobre à Ankara.
Les services de secours turcs sur les lieux de l'attentat du 10 octobre à Ankara. Crédit : ADEM ALTAN / AFP
Geoffroy Lang
Geoffroy Lang

Les trois jours de deuil national décrétés après le double attentat 10 octobre à Ankara ne se sont pas encore écoulés que la Turquie se déchire déjà pour trouver les coupables. La recherche des responsables est devenue un sujet politique de premier plan alors que l'attentat le plus meurtrier sur le sol turc, 97 morts et 250 blessés, selon le bilan actuel, s'est produit à quelques semaines des élections législatives du 1er novembre.

Malgré l'émotion et l'agitation qui règne aujourd'hui en Turquie, le Premier ministre a annoncé que la date du scrutin ne serait pas modifiée. "Quelles que soient les circonstances, les élections auront lieu", a déclaré Ahmet Davutoglu à la télévision turque. L'attaque du 10 octobre a lieu au départ d'une manifestation organisée par des syndicats, des ONG et le parti d'opposition HDP, pro-kurdes, contre le conflit entre l'État turc et les rebelles kurdes du PKK.

L'État islamique : suspect numéro 1

Pour les autorités turques, l'État islamique (EI) constitue le principal suspect de l'attaque qui s'est produite à côté de la gare d'Ankara samedi, peu après 10h. "Si l'on regarde la manière dont a été commise cette attaque, nous considérons les investigations sur Daesh (acronyme arabe de l'EI, ndlr) comme notre priorité", a affirmé Ahmet Davutoglu lundi 12 octobre.

Le chef du gouvernement turc a confirmé que deux kamikazes étaient à l'origine de l'attentat-suicide d'Ankara. Cette information irait dans le sens de la piste menant à l'État islamique. Un des auteurs présumés de l'attaque de samedi pourrait être un proche du kamikaze de l'attaque suicide qui avait visé des pro-kurdes à Suruç, près de la frontière syrienne, le 20 juillet dernier.

La piste kurde

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À l'heure actuelle, le gouvernement n'a pas exclu la piste qui mènerait aux rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ou Front révolutionnaire de libération du peuple, un groupe kurde d'extrême gauche. Les ennemis historiques du gouvernement reste "des suspects potentiels" jusqu'à preuve du contraire a affirmé Ahmet Davutoglu. Les frappes menées par les autorités turques contre les indépendantistes kurdes ont entraîné un regain de violences entre Ankara et le PKK. Plus de 150 militaires et policiers turcs sont morts depuis cet été alors que les rebelles ont multiplié les attentats.

Mais les forces kurdes ont annoncé la suspension de leurs opérations jusqu'aux élections législatives après l'attentat de samedi dernier. "Tenant compte des appels venus de Turquie et de l'étranger, notre mouvement a décrété une période d'inactivité pour nos forces de guérilla, sauf si nos militants et nos forces de guérilla étaient attaqués", a déclaré l'Union des communautés du Kurdistan (KCK), l'organisation à la tête des mouvements rebelles.

Le gouvernement pointé du doigt

Les thèses officielles ne font pas l'unanimité. Pour l'opposition de gauche, le gouvernement pourrait mettre à l'origine du double attentat. "Cette attaque ne vise pas notre État ou notre unité nationale, elle a été perpétrée par notre État, contre notre peuple.", dénonce Selahattin Demirtas, co-leader du HDP dont plusieurs membres ont perdu la vie samedi à Ankara. La candidate aux législatives du parti pro-kurde pour la capitale a d’ailleurs perdu la vie pendant les attentats.

Aucune preuve formelle permettant d'accuser le gouvernement n'a pour l'instant été produite mais les manifestants ont dénoncé l'attitude des forces de l'ordre pendant les attentats : les policiers empêchaient les manifestants de porter secours aux blessés. À quelques semaines des législatives, cette double explosion peut paraître suspecte quand le parti du président Recep Tayyip Erdogan tente de récupérer l'électorat ultra nationaliste. L'hypothèse de l'État islamique est d'autant plus incertaine que l'attentat n'a pas été revendiqué par l'organisation terroriste pour le moment.

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