3 min de lecture Burkina Faso

Attentats à Ouagadougou : les assaillants ont-ils bénéficié d'une aide dans l'armée ?

La Justice burkinabé soupçonne des complicités dans l'armée après la double attaque terroriste revendiquée par un groupe jihadiste lié à al-Qaïda, perpétrée le vendredi 2 mars. Dimanche, un homme était entendu par la Justice, soupçonné d'avoir joué un rôle clef.

Des militaires burkinabé devant l'état-major des armées à Ouagadougou après les attaques terroristes survenues vendredi 2 mars 2018
Des militaires burkinabé devant l'état-major des armées à Ouagadougou après les attaques terroristes survenues vendredi 2 mars 2018 Crédit : Ahmed OUOBA / AFP
Ceciledeseze75
Cécile De Sèze
et AFP

L'enquête progresse quelques jours après la double attaque terroriste qui a frappé Ouagadougou vendredi 2 mars. La capitale burkinabé a encore été le théâtre de la violence jihadiste, où les Occidentaux sont pris pour cible. L'ambassade de France et l'état-major des armées ont été visés dans ces attentats qui ont fait sept morts et plus de 80 blessés parmi les forces de sécurité, ainsi que neuf jihadistes tués.

S'estimant directement visée, la France, par le parquet de Paris, a ouvert une enquête pour tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle. Une importante équipe d'enquêteurs français est donc arrivée samedi à Ouagadougou pour prêter main forte à la justice burkinabé. 

Dirigée par un procureur de la section antiterroriste du parquet de Paris, l'équipe comprend des enquêteurs de la Sous-direction anti-terroriste, de la Direction générale de la sécurité intérieure et de la police scientifique, selon des sources judiciaire et policière françaises. 

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Le possible "cerveau" entendu par la Justice

Dimanche, un jihadiste présumé soupçonné d'avoir joué un rôle clé était entendu par la justice. L'homme dont la nationalité n'a pas été révélée a été arrêté vendredi, dans les heures qui ont suivi les attaques coordonnées contre l'état-major des armées burkinabé et l'ambassade de France à Ouagadougou, selon une source gouvernementale. 

Il est soupçonné d'avoir participé à l'attaque de l'état-major général de l'armée, en plein centre de Ouagadougou et pourrait même être "un cerveau" de l'opération. 

Un deuxième homme a été arrêté et était interrogé, mais les soupçons pesant sur lui sont moins forts que sur le premier, a indiqué cette source sans autre précision. D'autres assaillants "jihadistes ont peut-être pu s'enfuir" après l'attaque de l'état-major, situé dans le quartier très fréquenté du grand marché de Ouagadougou.

Des "soupçons" d'"infiltrés" dans l'armée

Les autorités ont de "très forts soupçons" qu'il y ait "des infiltrés dans l'armée" qui ont renseigné les jihadistes pour l'attaque de l'état-major, a ajouté la source burkinabé. 

L'explosion de la voiture piégée qui a précédé l'assaut a totalement détruit une salle de réunion, située en façade du bâtiment, où devait se tenir une réunion de l'état-major de la force antijihadiste du G5 Sahel. La réunion a été changée de salle au dernier moment, évitant un carnage. 

Ils avaient une connaissance des habitudes et pratiques courantes au sein de l'état-major, ce qui explique la facilité avec laquelle ils ont accédé au sein de l'état-major par son accès de service, situé au dos de l'entrée principale", avait expliqué samedi une autre source gouvernementale. 

Des hommes en uniformes militaires

La plupart des assaillants identifiés étaient burkinabé, et un était étranger, selon des sources sécuritaires. Ceux qui ont mené l'assaut contre l'état-major portaient des uniformes de l'armée, autre indice d'une possible complicité interne. Les enquêteurs se demandent si l'attaque contre l'ambassade de France n'était pas une "diversion" avant l'attaque contre l'état-major.  

Située dans la zone des représentations diplomatiques, l'ambassade de France est très bien protégée. La tentative s'est d'ailleurs soldée par la mort des quatre jihadistes qui n'ont pu pénétrer dans l'enceinte diplomatique, a aussi expliqué la source gouvernementale. 

Dans sa revendication, le GSIM dit avoir agi "en réponse à la mort de plusieurs de ses dirigeants dans un raid de l'armée française dans le nord du Mali il y a deux semaines". 

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La Justice burkinabé soupçonne des complicités dans l'armée après la double attaque terroriste revendiquée par un groupe jihadiste lié à al-Qaïda, perpétrée le vendredi 2 mars. Dimanche, un homme était entendu par la Justice, soupçonné d'avoir joué un rôle clef.
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2018-03-05 11:26:51
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