4 min de lecture Attentat à Berlin

Attentat à Berlin : ce que l'on sait de la fuite et la neutralisation d'Anis Amri

L'auteur présumé de l'attentat au camion-bélier de Berlin a été abattu dans la nuit du 22 au 23 décembre à Milan, en Italie, lors d'un banal contrôle de police.

Le marché de Noël de Breidscheidplatz, à l'ouest de Berlin, frappé par un attentat
Le marché de Noël de Breidscheidplatz, à l'ouest de Berlin, frappé par un attentat Crédit : Tobias SCHWARZ / AFP
Marie de Fournas

La chasse à l'homme avait commencé il y a plus de trois jours à travers toute l'Europe. Lundi 19 décembre vers 20 heures, un poids lourd immatriculé en Pologne fonce dans la foule sur un marché de Noël à Berlin, en Allemagne. Bilan de l'attaque : 12 morts et 48 blessés. Après être parti sur une fausse piste durant 24 heures, les enquêteurs portent leurs soupçons sur un ressortissant tunisien de 24 ans, Anis Amri, dont la carte d'identité et le portefeuille ont été retrouvés dans la cabine du camion.

Un avis de recherche est lancé à travers toute l'Europe dès le mercredi 21 décembre à minuit. Le lendemain, un mandat d'arrêt est formellement émis, après la découverte de ses empreintes digitales sur le camion utilisé durant le carnage. Le parquet antiterroriste allemand offrait même une récompense de 100 000 euros à toute personne qui pourrait aider la police à le retrouver.

Connu pour ses liens avec les mouvances salafiste et islamiste

Le jeune homme n'est pas inconnu des services de police. Arrivé à Lampedusa en février 2011, il a passé quatre ans en prison en Sicile pour des faits de violence grave avant de se rendre en Allemagne au mois de juillet 2015. Anis Amri est connu de longue date par la police allemande pour ses liens avec la mouvance salafiste et islamiste. Classé "dangereux" et disposant de plusieurs identités, il avait même été visé par une enquête pour "préparation d'un acte criminel grave représentant un danger pour l'Etat" et surveillé par la police berlinoise de mars à septembre. L'affaire avait finalement été classée à Berlin faute d'éléments probants. Sa demande d'asile avait cependant été rejetée par l'Allemagne en juin dernier. Amri devait être expulsé du pays, mais la Tunisie a mis plusieurs mois avant de reconnaître sa citoyenneté.

Dans la nuit du lundi 19 au mardi 20, soit environ 8 heures après l'attentat, des images de vidéosurveillance le montrent sortant de la mosquée à 3h49. D'autres images l'y montrent également les 14 et 15 décembre. La mosquée en question est perquisitionnée le jeudi 22 décembre. Elle est classée salafiste dans le rapport des services de renseignement de Berlin, rapport qui estime qu'elle prépare des candidats au combat en Syrie pour Daesh.

Une première fausse piste

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Le soir même, vers 3 heures du matin, Anis Amri est repéré, sans être reconnu devant la gare milanaise de Sesto San Giovanni par deux policiers en patrouille. Ceux-ci trouvent son comportement suspect et décident d'effectuer un contrôle de routine.  C'est à ce moment-là qu'Anis Amri sort une arme de calibre 22 de son sac et tire sur l'agent qui lui avait demandé ses papiers en criant "Hallahu Akbar". Il le blesse à l'épaule, puis tente de se cacher derrière une voiture. L'autre policier, âgé de 29 ans, réagi immédiatement et l'abat.

Un ticket de train français est retrouvé dans son sac à dos. Il indique qu'Anis Amri est monté dans un train à Chambéry, dans le nord des Alpes en France, et est passé par Turin, dans le nord de l'Italie avant d'arriver dans la nuit à Milan. Il aurait ensuite rejoint la proche banlieue de la ville dans laquelle il disposait peut-être d'un réseau de protection. On sait pour l'heure que le Tunisien aurait entretenu des contacts avec un ressortissant irakien de 32 ans, identifié comme Ahmad Abdulaziz Abdullah A., alias "Abou Walaa". Ce dernier a été arrêté en novembre avec quatre complices pour avoir monté un réseau de recrutement pour le compte du groupe EI, selon le parquet fédéral.

De possibles complices

La police allemande continue à chercher si l'auteur présumé de l'attentat de Berlin a bénéficié de soutiens, ou disposait de complices, a annoncé vendredi le procureur anti-terroriste Peter Frank. L'homme a eu 30 heures pour fuir l'Allemagne sans se faire arrêter. En effet, le soir de l'attaque, la police s'est focalisée à tort sur un témoignage pour interpeller et interroger durant 24 heures un demandeur d'asile pakistanais finalement libéré mardi soir. Le portefeuille d'Amir avait pourtant été retrouvé le lendemain matin, mais l'avis de recherche européen n'a lui été lancé que le soir à minuit. Les enquêteurs veulent donc en particulier reconstituer le parcours du Tunisien depuis Berlin jusqu'à Milan afin d'établir s'il a bénéficié de complicités, "d'aides" notamment de son réseau de connaissances, a expliqué M. Frank. Les enquêteurs tentent aussi de savoir si l'arme avec laquelle Anis Amri a tiré sur un policier italien, était l'arme qui a servi à tuer un chauffeur routier polonais lundi soir à Berlin.

Vendredi 23 décembre, la chancelière allemande a déclaré dans une conférence de presse que l'enquête "n'était pas terminée après la mort du terroriste" et que s'il y avait d'autre coupables ou complices, ils seraient traînés en justice. Angela Merkel a également ajouté que "nul de connaîtra le repos" tant que la lumière ne sera pas faite sur toute l'affaire.

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