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Algérie : le régime "pourrait opter pour la violence", affirme un journaliste

Depuis une semaine, des manifestations émaillées de heurts frappent le pays. Les Algériens protestent contre la candidature d'Abdelaziz Bouteflika. Le dirigeant, au pouvoir depuis 1999, brigue un cinquième mandat.

Des étudiants algériens manifestent contre le 5e mandat d'Abdelaziz Bouteflika, le 26 février 2019
Des étudiants algériens manifestent contre le 5e mandat d'Abdelaziz Bouteflika, le 26 février 2019
Crédit : RYAD KRAMDI / AFP
Algérie : le régime "pourrait opter pour la violence", affirme un journaliste
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Algérie : le régime "pourrait opter pour la violence", affirme un journaliste
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- édité par Leia Hoarau

Les manifestations continuent en Algérie après l'annonce, le mois dernier, de la candidature d'Abdelaziz Bouteflika qui brigue un 5e mandat à la tête de l'État, alors qu'il est au pouvoir depuis 1999. Il y a quelques jours, le journaliste Mohamed Sifaoui avait d'ailleurs assuré au micro de RTL que le président algérien de 81 ans était dans "l'incapacité totale d'exercer".

Pour le journaliste algérien Kamel Daoud, cette montée en puissance des manifestations du peuple depuis une semaine prouve que "les gens n'ont plus peur" : "Ce qu'on appelle le 'mur de la peur' a été cassé. C'est extraordinaire de sentir ce frisson, cet enthousiasme, cette joie. (...) Les gens ne se sentent plus terrorisés".

Il affirme également que les violences qui émaillent les manifestations n'ont pas pour origine la population, mais les forces armées du régime : "Pour le moment, la seule partie qui exerce de la violence (...) c'est le régime. Ce sont les hommes du régime qui parlent de bain de sang, de guerre civile, de Syrie, de Libye... En face, la plupart des manifestants sont calmes, ordonnés, pacifiques".

Chantage à la guerre civile

Selon Kamel Daoud, le régime algérien se sert de la peur de l'éclatement d'une guerre civile pour calmer le peuple. "Depuis quelques années, ce chantage existe. Mais il s'est accentué d'une manière qui est devenue gravissime. Il ne se passe pas un moment sans qu'il n'y ait, dans les télés et les médias affiliés au régime ou au sommet du Parlement, des menaces ou des volontés évidentes de terroriser les Algériens et de les immobiliser par ce chantage. C'est : 'Soit nous, soit la guerre civile'". 

La jeune génération laissée pour compte

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Abdelaziz Bouteflika, 81 ans, fait l'objet de nombreuses interrogations quant à son état de santé. Il ne fait quasiment plus d'apparition publique. Sa candidature n'est d'ailleurs représentée que par une photo, et Kamel Daoud affirme qu'il n'assurera sûrement pas lui-même sa campagne présidentielle. Mais pour le journaliste, ce n'est pas seulement une histoire de santé. La réflexion encore plus loin. 

"Il y a quelque chose de démographique dans ce soulèvement. Nous sommes un pays qui est une gérontocratie, géré par des gens qui sont à la tête depuis 30 ans. (...) Cette gérontocratie fait face à une population majoritairement jeune, qui a moins de 35 ans". Le journaliste décrit ces manifestations comme une réaction populaire "face à la génération des dé-colonisateurs qui n'a pas su assurer une transition vers cette nouvelle génération".

Insolence du pouvoir

Selon le journaliste, la force du pouvoir est l'humiliation de la population. "Le régime en Algérie a l'habitude de gérer avec ce que j'appelle une 'culture du maquis' : il ne se sent pas redevable de ses actes et de ses décisions envers la population. Nous ne sommes pas des électeurs à ses yeux, nous sommes des administrés". 

Ce qui n'empêche pas ce régime d'être en panique, affirme-t-il, face à la montée de la colère des Algériens qui n'hésiteront pas à aller au bout de leurs revendications. Kamel Daoud craint même une répression violente de la part du régime pour calmer le mouvement de contestation. 

"Je pense qu'il y a une très grande panique qui peut avoir pour conséquence une très grande violence. Nous sommes face à un régime qui n'a pas aménagé des sorties de secours pour son personnel et ses fidèles. Il peut opter pour la violence parce qu'il ne sait pas quoi faire, ni où aller (...) L'écrasante majorité des Algériens ne reculeront plus, que leurs exigences n'est plus négociable avec le régime, ni par corruption, ni par répression. Mais d'un autre côté, pour le régime, la tentation de violence est là". 

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