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Alexeï Navalny : les médecins n'ont trouvé "aucun poison" chez l'opposant russe

Les médecins de l'hôpital d'Omsk, où est soigné Alexeï Navalny, ont assuré n'avoir retrouvé aucune trace d'empoisonnement, malgré les accusations des proches de l'opposant à Vladimir Poutine.

Le médecin-en-chef de l'hôpital, Alexandre Mourakhovski, a également jugé que la question d'un transfert était "prématurée" avant "une stabilisation complète du patient".
Le médecin-en-chef de l'hôpital, Alexandre Mourakhovski, a également jugé que la question d'un transfert était "prématurée" avant "une stabilisation complète du patient".
Crédit : Dimitar DILKOFF / AFP
Benoît Collet & AFP

Les médecins soignant le principal opposant russe Alexeï Navalny, en réanimation après avoir fait un malaise, ont dit n'avoir trouvé "aucun poison" dans son organisme le 21 août, ses proches dénonçant quant à eux le refus de le transférer à l'étranger.

La famille et les alliés d'Alexeï Navalny ont qualifié ce refus de "menace pour la vie" de l'opposant, alors qu'un avion médicalisé affrété par une ONG a atterri vendredi à Omsk, en Sibérie occidentale, avec l'espoir de l'amener en Allemagne.

La France et l'Allemagne avaient toutes deux offert le 19 août "toute aide médicale" à l'opposant, tout en appelant à faire la lumière sur les circonstances ayant conduit à son hospitalisation en réanimation, plongé dans un coma naturel et relié à un respirateur artificiel.

Ses alliés ont dit être persuadés qu'il a été victime d'un "empoisonnement intentionnel", "avec quelque chose de mélangé à son thé".

Diagnostic à venir dans les deux jours

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"À ce jour, aucun poison n'a été identifié dans le sang et l'urine", a déclaré aux journalistes Anatoli Kalinitchenko, le vice-directeur de l'hôpital des urgences n°1 d'Omsk où l'opposant a été admis. "Nous ne croyons pas qu'il ait souffert d'un empoisonnement", a-t-il poursuivi, tout en ajoutant que selon lui, l'état de l'opposant à Poutine est "instable", et ne permettrait pas pour le moment son transfert à l'étranger.

Le médecin-en-chef de l'hôpital, Alexandre Mourakhovski, a également jugé que la question d'un transfert était "prématurée" avant "une stabilisation complète du patient". Selon lui, l'hôpital doit par ailleurs régler "certaines questions juridiques" avant de laisser des médecins européens voir Navalny. Des spécialistes de Moscou sont arrivés durant la nuit pour l'examiner.

Les médecins ont dit travailler sur cinq hypothèses pour le diagnostic, et que les tests allaient se poursuivre pendant deux jours. Il n'y a pas eu de complications durant la nuit et l'état de santé de l'opposant s'est légèrement amélioré le 20 août au matin, bien qu'il soit encore inconscient, à en croire Alexandre Mourakhovski.

Le refus de transférer Alexeï Navalny à l'étranger a été dénoncé par son bras droit Léonid Volkov comme une "décision politique et non pas médicale". "Ils attendent que les toxines sortent et cessent d'être détectables dans le corps. Il n'y a ni diagnostic, ni analyse. La vie d'Alexeï est en grand danger", a-t-il écrit sur Twitter.

Peines de prison et intimidations

Principal opposant au Kremlin, dont les publications dénonçant la corruption des élites russes sont abondamment partagées sur les réseaux sociaux, Alexeï Navalny a déjà été victime d'attaques physiques. En 2017, il avait été aspergé d'un produit antiseptique dans les yeux à la sortie de son bureau à Moscou.

En juillet 2019, tandis qu'il purgeait une courte peine de prison, il avait été traité à l'hôpital après avoir soudainement souffert d'abcès sur le haut du corps, dénonçant un empoisonnement alors que les autorités évoquaient une "réaction allergique".

L'opposant a plusieurs fois été condamné à de courtes peines de prison par le passé, notamment en raison de l'organisation de manifestations. Son organisation et ses partisans font régulièrement l'objet de pressions, arrestations et poursuites judiciaires.

Le Kremlin a dit souhaiter à Alexeï Navalny, "comme à n'importe quel citoyen russe", un "prompt rétablissement". De nombreux adversaires du Kremlin ont été victimes ces dernières années d'empoisonnement, en Russie ou à l'étranger. Deux cas d'empoisonnement très médiatisés ont notamment eu lieu au Royaume-Uni en 2018 et 2006 sur des ex-agents secrets russes.

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