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"Acte de corruption présidentielle", "illégal", accusé de financer les émeutiers du Capitole : pourquoi le fonds d'indemnisation des alliés de Trump fait polémique aux États-Unis

La justice américaine a adopté lundi 18 mai 2026 la création d'un fonds d'indemnisation d'environ 1,8 milliard de dollars à destination des partisans de Donald Trump qui auraient, selon le président, subi les préjudices des décisions prises durant le mandat de Joe Biden. Très contestée, cette mesure ouvrirait la porte à un financement des émeutiers qui ont attaqué le Capitole en 2021.

Donald Trump et des manifestants lors de l'assaut du Capitole en janvier 2021, à Washington DC.

Crédit : montage RTL/AFP

États-Unis : les émeutiers du Capitole bientôt indemnisés par la justice

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Ennio Aparicio-Szkudlarek & Carrie Nooten & AFP

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L'administration Trump fait encore gronder Outre-Atlantique. Le gouvernement américain a annoncé lundi 18 mai la création d'un fonds d'indemnisation "anti-instrumentalisation" doté de près d'1,8 milliard de dollars de fonds fédéraux. Cette mesure serait destinée à "réparer" ce que Donald Trump présente comme des préjudices subis par ses partisans poursuivis sous la mandature de Joe Biden, entre 2020 et 2024. 

"Le ministre de la Justice a créé ce fonds afin de mettre en place un processus systématique pour entendre et réparer les griefs des personnes ayant été victimes d'une instrumentalisation politique de la justice", a indiqué le ministère dans un communiqué. 

La décision n'a pas manqué de faire réagir l'opposition démocrate. "Trump s'est maintenant arrangé (...) pour créer une caisse noire afin de récompenser ses alliés - avec l'argent de vos impôts. Ça ne s'invente pas", a cinglé son ancienne adversaire à la présidence en 2016, Hillary Clinton.

Les émeutiers qui ont attaqué le Capitole en 2021 bientôt indemnisés ?

Ce fonds d'indemnisation pourra par exemple être sollicité par des personnes estimant avoir été injustement poursuivies par l'administration du démocrate Joe Biden, comme les centaines de partisans de Donald Trump traduits en justice pour leur participation à l'assaut contre le Capitole, le 6 janvier 2021. 

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Ces derniers avaient pris d'assaut le cœur politique des États-Unis pour empêcher la certification de la victoire de Joe Biden à l'élection présidentielle de 2020, donnant lieu à une escalade de violence qui a causé la mort de cinq personnes et à plus de 1.600 interpellations. Plus d'un millier de participants condamnés par la justice ont ensuite été graciés par Donald Trump dès son retour à la Maison Blanche en janvier 2025. 

Si le ministre américain de la Justice Todd Blanche a nié que l'argent de ce fonds "ne serait destiné qu'aux républicains ou aux amis du président", il n'a en revanche pas exclu que ces émeutiers puissent prétendre à des indemnisations. 

Une plainte déposée contre Donald Trump

Une décision qui ne passe pas chez ces deux policiers mobilisés pendant l'assaut du Capitole, qui ont porté plainte contre Donald Trump ce mercredi 20 mai pour empêcher la création du fonds d'indemnisation. Harry Dunn, agent de la police du Capitole jusqu'en 2023, et Daniel Hodges, policier à Washington depuis 2014, accusent le président des États-Unis de contribuer au financement des "insurgés et des groupes paramilitaires qui ont commis des violences en son nom". 

Dans leur plainte déposée devant un tribunal de Washington, les deux plaignants assurent que ce fonds est "illégal" et qu'"aucune législation n'autorise sa création". Ils qualifient cette manœuvre d'"acte de corruption présidentielle le plus éhonté de ce siècle". Un ton partagé par de nombreux sénateurs démocrates lors de l'audition de Todd Blanche devant une commission sénatoriale ce mardi 19 mai, pour défendre son projet de loi. 

L'actuel ministre de la Justice par intérim est décrié pour ses liens proches avec Donald Trump, lui qui était son ancien avocat personnel. Cette proximité entre les deux hommes aurait facilité la création de cet accord, selon plusieurs élus. Le sénateur démocrate du Rhode Island Jake Reed est allé jusqu'à le comparer à un conseiller de la mafia en le qualifiant de "'consigliere' du président", tandis que la députée Alexandria Ocasio-Cortez a évoqué une "corruption pure et simple". 

Une monnaie d'échange pour le président américain

Grâce à ce fonds, le président américain - qui a défendu son projet devant les journalistes ce mercredi en qualifiant l'administration Biden d'"horrible" - s'est octroyé une véritable immunité face à l'Internal Revenue Service (IRS), l'équivalent américain du fisc, en abandonnant ses poursuites contre l'instance. En janvier 2024, un employé d'un prestataire du fisc américain a été condamné à cinq ans de prison pour avoir fait fuiter les déclarations d'impôts de Donald Trump auprès de médias américains. 

L'accord a ensuite été élargi de façon à ce que le milliardaire et sa famille bénéficient d'une immunité fiscale pour leurs déclarations de revenus passées. En clair, cette suspension d'audit pourrait théoriquement éviter à Donald Trump de payer, entre les arriérés ou les amendes, l'équivalent de 100 millions de dollars en litiges fiscaux.  

Aux critiques qui crient à la corruption, la Maison-Blanche a répété qu'il n'y avait aucun conflit d'intérêt et dénonce un "complot démocrate". Mais le président des États-Unis n'échappe pas aux critiques au sein de la population américaine, qui lui reproche son engagement dans la guerre contre l'Iran, au détriment des intérêts du pays. Seulement 33% des Américains sont satisfaits de la situation économique du pays, selon un dernier sondage. 

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