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"Le risque est réel" : orages violents, risque de tornades… Les matchs de la Coupe du monde 2026 seront‑ils interrompus par la météo nord‑américaine, comme lors du Mondial des clubs ?

À l'été 2025, six rencontres de la Coupe du monde des clubs avaient été concernées par des arrêts temporaires, allant jusqu'à près de deux heures, en raison des conditions météorologiques. De quoi faire craindre de pareilles situations durant le Mondial (11 juin-19 juillet).

Un message annonçant l'interruption d'un match de la Coupe du monde des clubs de la Fifa en raison des conditions météo, le 17 juin 2025 à Orlando (États-Unis).

Crédit : PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP

Gabriel Joly

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Imaginez la scène : nous sommes le 16 juin, pendant le choc France-Sénégal qui lancera la Coupe du monde des Bleus au MetLife Stadium d'East Rutherford, dans le New Jersey. Les hommes de Didier Deschamps poussent pour ouvrir le score, quand soudain un risque d'orage vient interrompre la rencontre près d'une heure, annihilant le temps fort de Kylian Mbappé et consorts. Rageant, non ? Eh bien ce scénario est loin d'être utopique. Outre les fortes températures qui préoccupent en amont de ce Mondial, les tempêtes pourraient bien perturber le déroulement des matchs à plusieurs reprises.

Lors de la Coupe du monde des clubs, organisée en juin et juillet 2025 aux États-Unis, pas moins de six rencontres ont été interrompues durant plusieurs dizaines de minutes, voire même jusqu'à près de deux heures, en raison de potentiels orages et tornades autour des enceintes où elles se déroulaient. "Ce n’est pas du football, ce n’était probablement pas le bon endroit pour organiser cette compétition", s'était d'ailleurs agacé Enzo Maresca, coach de l'époque du futur vainqueur, Chelsea. Organisé à Charlotte, en Caroline du Nord, son huitième de finale face à Benfica avait débuté à 16 heures pour ne prendre fin qu'à 20h38.

"L'Amérique du Nord connaît en juin une activité orageuse importante, surtout dans le centre et l’est des États-Unis", explique confirme Davide Faranda, climatologue et directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), à RTL.fr. "Les interruptions vues lors de la Coupe du monde des clubs ne sont donc pas aberrantes. À cette saison, la chaleur et l’humidité favorisent les orages parfois violents, avec de la foudre, de fortes pluies, de la grêle et plus rarement des tornades."

Un protocole assez strict

Si la Fifa et l'organisation ont eu une année pour anticiper ces aléas, le fait est que leur marge de manœuvre est assez limitée. Les États-Unis ont une procédure assez stricte en la matière, prévue par le National Weather Service (NWS, le service météorologique national). Concrètement, dès que la foudre est détectée dans un rayon de 6 à 10 miles - soit environ 10 à 16 kilomètres - autour du stade, un match est censé être suspendu et les spectateurs évacués, tandis que les joueurs rentrent se mettre à l'abri. 

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"Étant donné que des charges électriques peuvent persister dans les nuages après le passage apparent d'un orage, les experts s'accordent à dire qu'il faut attendre au moins 30 minutes après le dernier coup de tonnerre avant de reprendre les activités extérieures", peut-on lire dans les recommandations de l'agence gouvernementale américaine sur le sujet.

Ainsi, une fois le protocole démarré, un chronomètre de 30 minutes est lancé. Pour reprendre le match, aucun nouvel orage ne doit être signalé durant cette demi-heure. Autrement, le compte-à-rebours est remis à zéro. 

Comme la zone choisie pour neutraliser les événements sportifs en plein air est tout de même assez large, il est arrivé lors du Mondial des clubs de voir des enceintes complètement vidées, alors même que le soleil brillait encore au-dessus et que le ciel ne paraissait pas spécialement menaçant sur place. "C’est inhabituel, en tout cas pour nous en Europe. Il faudrait établir un protocole qui soit un peu moins dur, essayer de terminer les matchs parce que ça impacte beaucoup la compétition", plaidait l'été dernier Dani Carvajal, latéral espagnol du Real Madrid, qui ne devrait a priori pas être appelé par Luis de la Fuente avec la Roja.

Plus de stades avec des toits fermés

Si la réglementation n'a pas vraiment évolué pour la Coupe du monde, les stades et les horaires retenus par la Fifa sont censés être plus adaptés. Sur les douze stades de la Coupe du monde des clubs 2025, seulement cinq serviront au Mondial cette année. À Los Angeles, on a par exemple opté pour un stade avec un toit fermé, le SoFi Stadium, plutôt que le Rose Bowl à ciel ouvert mis à disposition l'an passé.

Au total, sur les seize arènes choisies au Mexique, au Canada et aux États-Unis, cinq auront la possibilité d'avoir un toit fermé (Los Angeles donc, Houston, Dallas, Atlanta et Vancouver), contre un seul il y a douze mois. Cela devrait en principe limiter les risques d'interruption mais également être bénéfique pour la chaleur. 

Pour les autres, y compris le MetLife Stadium qui accueillera la finale le 19 juillet ? "Il ne faut pas dire qu’il y aura forcément le même scénario qu'en 2025, car les orages restent très dépendants de la circulation atmosphérique des jours concernés. Mais le risque est réel, surtout pour les matchs en fin d’après-midi et en soirée", estime Davide Faranda. Avec le décalage horaire, les téléspectateurs français et européens devront donc peut-être veiller un peu plus tard que prévu certaines nuits.

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