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Guerre au Moyen-Orient : le plan secret avorté des États-Unis et d'Israël pour porter l'ancien président Ahmadinejad à la tête de l'Iran

Une enquête du "New York Times" révèle que les alliés américain et israélien envisageaient un changement de régime à Téhéran et avaient même un nom déjà en tête pour diriger le pays : Mahmoud Ahmadinejad. Un scénario finalement abandonné.

Mahmoud Ahmadinejad a été remplacé à la tête de l'Iran par le modéré Hassan Rohani en juin 2013 (archives).

Crédit : ATTA KENARE / AFP

Juliette Vignaud

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Un plan secret qui a finalement capoté. Selon une enquête du New York Times, les États-Unis et Israël avaient prévu un changement de régime à Téhéran dans le sillage de leur offensive en Iran, le 28 février. Les deux alliés auraient tenté de porter au pouvoir l'ex-président ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad. L'ancien dirigeant est pourtant connu pour ses positions intransigeantes anti-israéliennes et anti-américaines.

D'après des responsables américains, cités par le quotidien, le principal intéressé avait été sondé en amont par les belligérants. Selon un de ses proches, les Américains voyaient en lui un homme capable de diriger l'Iran. Le plan a finalement "rapidement déraillé", selon des responsables américains.

Dès le premier jour de guerre en Iran, Mahmoud Ahmadinejad a été blessé par une frappe israélienne sur son domicile de Téhéran. Cette attaque visait les gardes chargés de sa surveillance, pour lui permettre de se libérer de son assignation à résidence. 

S'il a survécu à la frappe, il a finalement cessé de croire au changement de régime. Il n'a plus été vu en public depuis. Le New York Times dit ignorer dans quel état il se trouve.

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Ce projet peut surprendre. Mahmoud Ahmadinejad, président de l'Iran entre 2005 et 2013, s'est fait connaître pour ses attaques répétées contre les États-Unis et Israël, multipliant ses appels à "rayer" Tsahal de la carte. Le dirigeant est aussi connu pour être fervent partisan du programme nucléaire iranien et réputé pour la répression brutale de toute dissidence interne.

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Ces dernières années, Mahmoud Ahmadinejad s'était néanmoins heurté aux dirigeants du régime, les accusant de corruption. Il était devenu un critique du gouvernement théocratique, si bien qu'il a été disqualifié de plusieurs élections présidentielles. Selon le quotidien américain, des rumeurs circulaient aussi quant à sa loyauté. Ses collaborateurs ont été arrêtés et ses déplacements ont été de plus en plus restreints à son domicile dans l'est de Téhéran. Il s’est également exprimé favorablement au sujet de Donald Trump en 2019.

D'après le New York Times, le fait qu'Israël et les États-Unis aient perçu Mahmoud Ahmadinejad comme un dirigeant éventuel d'un nouveau gouvernement en Iran confirme que l'offensive de février visait à installer un pouvoir plus docile à Téhéran, dépassant largement la question nucléaire. Donald Trump avait pourtant présenté l'opération nommée Epic Fury comme une campagne destinée à détruire les capacités militaires et balistiques iraniennes.

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