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Pollution : la qualité de l'air s'améliore mais reste dangereuse

Les décès liés à la pollution atmosphérique ont légèrement baissé, mais la mortalité prématurée reste très importante et la teneur en CO2 continue de battre des records, malgré le confinement.

Circulation un jour de pic de pollution (illustration)
Circulation un jour de pic de pollution (illustration) Crédit : JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
Nicolas Barreiro et AFP

Deux rapports sur la qualité de l'air ont été publiés le lundi 23 novembre par l'Agence européenne de l'environnement (AEE) et l'Organisation météorologique mondiale (OMM). Le premier revient sur la mortalité liée à la pollution de l'air en Europe et le second sur la concentration record de gaz carbonique, malgré les confinements en vigueur à travers le monde.

Selon le rapport de l'AEE, la qualité de l'air s'est sensiblement améliorée en Europe ces dix dernières années. Mais derrière cette bonne nouvelle, de très nombreux Européens continuent de mourir prématurément à cause de la pollution. L'étude rappelle que la pollution de l'air est l'ennemi environnemental numéro un pour la santé des Européens, à l'origine de maladies respiratoires et cardiovasculaires mortelles.

Dans l'Europe des 28, l'AEE note que le nombre de décès liés aux particules fines est passé de 417.000 en 2009 à 379.000 en 2018. Sur l'ensemble des 41 pays européens, la réduction est de 13%, de 477.000 à 417.000 décès. Pour le seul dioxyde d'azote (NO2), gaz produit principalement par les véhicules et les centrales thermiques, les décès prématurés ont diminué d'environ 54% au cours de la dernière décennie, passant de 117.000 à 54.000 chez les 28, et de 120.000 à 55.000 sur l'ensemble du continent. 

Un air toujours nocif

Un point noir subsiste toutefois, pour les particules d'ozone (O3), la tendance est à la hausse avec 19.400 décès prématurés en 2018, soit une hausse de 24% depuis 2009. "L'amélioration de la qualité de l'air grâce aux politiques de climat et d'environnement est une bonne nouvelle mais toute bonne nouvelle a son revers et on ne peut ignorer que le nombre de morts prématurées est encore beaucoup trop élevé", souligne le Commissaire européen à l'Environnement, Virginijus Sinkevicius, cité dans le rapport. 

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En 2018, 34% des habitants en zone urbaine respiraient encore des particules d'ozone supérieures aux standards européens. Les critères européens sont moins stricts que ceux de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), selon lesquels 99% des habitants de l'UE respiraient des particules d'ozone supérieures aux recommandations. 

Début 2020, les mesures prises par les gouvernements européens pour lutter contre la propagation de la pandémie de Covid-19 ont eu un impact sur de nombreuses activités économiques. Mais ce ralentissement industriel n'a pas freiné l'augmentation record des concentrations de CO2, le principal gaz à effet de serre persistant dans l'atmosphère, a indiqué l'ONU.

La baisse des émissions de CO2, "un petit point sur la courbe à long terme"

Selon le Bulletin annuel de l'OMM, la concentration de dioxyde de carbone dans l'atmosphère a brutalement augmenté en 2019 et la hausse s'est poursuivie en 2020, alors que la pandémie de Covid-19 a forcé de nombreux pays à mettre à l'arrêt leur économie. 
"La baisse des émissions liée au confinement ne représente qu'un petit point sur la courbe à long terme. Or, nous devons aplatir cette dernière de façon durable", a déclaré Petteri Taalas, secrétaire général de l'OMM

Pendant la période la plus intense d'arrêt des activités économiques, les émissions quotidiennes mondiales de CO2 ont certes enregistré une diminution allant jusqu'à 17% en raison du confinement. Mais la concentration de CO2 va continuer à augmenter cette année, à un rythme légèrement réduit, ne dépassant pas les fluctuations habituelles du cycle du carbone observées d'une année sur l'autre. 

La teneur de CO2 dans l'atmosphère a augmenté plus rapidement entre 2018 et 2019 qu'entre 2017 et 2018 et que sur les dix dernières années en moyenne. "La dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c'était il y a 3 à 5 millions d'années. La température était alors de 2 à 3°C plus élevée qu'aujourd'hui et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres au niveau actuel, mais nous n'étions pas 7,7 milliards" d'êtres humains, a souligné Petteri Taalas. 

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