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Y aura-t-il de la demande ? François Lenglet explique l'importance de ce jour d'adjudication pour Bercy qui cherche 12 milliards

Ce 1ᵉʳ octobre, l'enjeu majeur pour Bercy ne se joue pas seulement dans la présentation du budget 2027, mais aussi dans une adjudication de dette publique très surveillée par les marchés. Dans un climat de défiance sur les finances françaises, cette émission obligataire doit mesurer l'appétit des investisseurs pour la dette de la France.

Le ministère de l'Économie et des Finances de Bercy à Paris le 6 septembre 2025.

Crédit : Mathilde Kaczkowski / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Jour d'adjudication : Bercy cherche 12 milliards et redoute de ne pas les trouver

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Jour d'adjudication : Bercy cherche 12 milliards et redoute de ne pas les trouver

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François Lenglet - édité par Alexian Giron

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Le fait le plus important de la journée n'est pas la présentation du budget 2027, qui aura lieu ce jeudi 1ᵉʳ octobre dans la matinée. C'est un événement en apparence technique qui aura lieu à 10h50, sur des écrans d'ordinateurs à Bercy. Cela s'appelle une adjudication. Il s'agit d'une vente de dette publique française. Il s'en déroule une ou deux par mois. 

Bercy demande un certain montant aux investisseurs, les fonds de pension, les gestionnaires de fonds ou encore aux banques du monde entier. Ceux-là apportent leur argent qu'ils prêtent pour dix ans, en contrepartie d'un titre de dette. Cela s'appelle une obligation. Mais également d'un intérêt, actuellement de 4,8% par an. Il s'agit du taux le plus élevé depuis une quinzaine d'années. 

Ce matin, Bercy va demander 10 à 12 milliards d'euros. Tout se passera par l'électronique. Et toute la question est de savoir s'il y aura autant de demande que d'habitude. En principe, ces émissions d'obligations sont très demandées, elles sont sursouscrites. Espérons qu'il en sera de même ce 1ᵉʳ octobre, ça n'est pas certain. Pour ne pas prendre de risque, Bercy a joué la prudence, en demandant une somme qui n'est pas trop élevée. 

Une adjudication sous tension pour la dette française

Qu'est-ce qu'on risque ? Si la demande est trop faible, ça pourrait être le déclencheur d'une crise financière. Le climat s'est dégradé. Il y a 36 heures, Vanguard, l'un des plus gros gestionnaires de fonds du monde, alertait sur la montée des risques en France. Il y a quelques jours, l'agence Scope a une nouvelle fois dégradé la note financière de notre pays. Les investisseurs se reportent désormais sur l'Italie, qui offre de bons rendements avec, à leurs yeux, une sécurité supérieure à celle de Paris. 

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Qu'est-ce qui les inquiète en France ? La situation budgétaire française s'est tellement dégradée dans les trois dernières années que nous allons être contraints d'emprunter 340 milliards d'euros en 2025. C'est un record. Et c'est juste pour financer le déficit et renouveler les crédits qui arrivent à échéance. Pas un euro n'ira pour nous désendetter, au contraire. La situation économique est l'une des plus mauvaises de la zone euro, elle nous met à la merci du choc pétrolier qui se prolonge. 

Quant à la situation politique, elle est explosive. Avec un risque de court terme, le budget présenté ce matin, tout déficitaire qu'il est, peut faire tomber le gouvernement, à cause de l'absence de majorité à l'Assemblée nationale, ou bien plomber encore plus nos finances avec les amendements parlementaires. À moyen terme, c'est une élection présidentielle où tout est possible, y compris l'élection d'un président qui veut jeter une partie de la dette au feu, comme Jean-Luc Mélenchon. Si on résume, ça sent le pâté. 

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