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Un jeune homme sur son téléphone (photo d'illustration)
Crédit : RON LACH / PEXELS
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Des romances torrides, des amours impossibles où se mêlent le sexe et l'argent, des histoires de vengeance mélodramatique, sans oublier les vampires et les milliardaires amoureux d'une pauvresse... On trouve tout cela dans la marée des microdramas. Des séries de 60 à 90 épisodes d'une à trois minutes seulement chacun.
Tout est dans la chute de l'épisode, ce qu'on appelle dans le jargon du cinéma le "cliffhanger", c'est-à-dire le rebondissement de situation ou la surprise qui va tenir le spectateur en haleine pour regarder la suite. Des épisodes qu'il est possible de regarder sur le téléphone, le temps d'une station de métro.
Il s'agit (un peu) du roman-photo des temps modernes. Ce phénomène vient de Chine et essaime sur tous les continents. Un terrien sur 10 regarde des micro-dramas. Et les plateformes de microdramas progressent bien davantage que les plateformes classiques, qui ont atteint leur plateau. En Chine l'année dernière, le secteur a fait un chiffre d'affaires supérieur à celui du cinéma en salle, de près de 10 milliards de dollars. Au point que les grands studios de cinéma, après avoir regardé cette tendance avec dédain, commencent à s'y intéresser sérieusement.
Qui produit et qui joue dans ces miniséries ? On n'est pas à la Comédie-Française. Les acteurs sont des jeunes à la recherche d'un job étudiant ou des aspirants acteurs, et ça se voit. Les tournages sont faits en trois à sept jours, avec des budgets de quelques milliers d'euros, quand une série TV classique est à plusieurs millions d'euros l'épisode.
Comme les microdramas sont visionnés sur un smartphone, on tourne avec une image verticale. Et les acteurs sont prisés pour intégrer dans le jeu ce format particulier. Ils tournent parfois dans un simple appartement.
L'IA est massivement utilisée pour les scénarios, ce qui permet aux producteurs de cracher les épisodes à jet continu avec force retournements de fortune pour le milliardaire ou le vampire. Et l'essentiel du budget est investi en promo sur TikTok, pour ramener le chaland. C'est à la fiction classique ce que le fast-food est à la restauration.
En Inde, c'est en train de transformer l'industrie du cinéma de Bollywood, qui peine depuis quelques années. Le Japon s'y est mis, la Corée du Sud aussi. Les microdramas font également un carton dans toute l'Amérique du Sud. Et Hollywood n'est pas en reste. Aux États-Unis : Disney, Fox Entertainment et Paramount explorent le format.
Même les grandes marques comme le maquillage Maybelline, appartenant à L'Oréal, ou les sandales Crocs, réfléchissent au microdrama pour la promotion de leurs produits. L'Europe commence aussi à s'y mettre. Partout sur la planète, le format ultracourt du microdrama répond à une capacité d'attention des terriens qui diminue, et au besoin de dopamine de nos cerveaux déformés par les réseaux sociaux.
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