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Le drapeau américain (illustration)
Crédit : Brendan Smialowski / AFP
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S'agit-il des prémices d'une révolution fiscale aux États-Unis ? C'est important, car c'est toujours le monde anglo-saxon qui donne le ton en matière d'impôts. Dans les années 1980, la baisse des impôts pour les riches avait été initiée par le président américain de l'époque, Ronald Reagan, et la Première ministre britannique, Margaret Thatcher. Dans les années 1930, c'était déjà l'Amérique de Franklin D. Roosevelt, qui avait déclenché un mouvement de forte hausse de la fiscalité sur les plus fortunés.
Et justement, aux États-Unis, le nouveau maire démocrate de New York, Zohran Mamdani, multiplie les initiatives. D'abord, il a créé un nouvel impôt sur les résidences secondaires de plus de cinq millions de dollars, équivalent à 4,2 millions d'euros. Il veut également augmenter les impôts sur les revenus de plus d'un million de dollars, avec une surtaxe de 2%. Il y a près de 400.000 millionnaires à New York, c'est la ville au monde qui en concentre le plus.
En Californie, où se trouve un bon nombre de milliardaires de la tech, une pétition a recueilli plus d'un million de signatures pour déclencher un référendum sur une sorte de taxe Zucman : 5% sur tous les patrimoines financiers supérieurs à un milliard de dollars.
Mais surtout, les patrons du nouveau secteur de l'intelligence artificielle prennent la défense d'une taxation du capital, voire des machines elles-mêmes. Avec un argument choc : l'IA va profiter aux mieux formés et aux mieux payés, qui l'utilisent davantage que les autres. Cette technologie va ainsi les rendre encore plus productifs, donc mieux payés. Selon eux, l'IA va modifier considérablement la distribution des revenus, en augmentant les inégalités.
Dario Amodei, PDG et fondateur d'Anthropic, la société à l'origine de Claude, proposait en 2025 de taxer une fraction de centime dès qu'une entreprise utilise l'outil IA, et d'abonder un fonds souverain, finançant des actions au bénéfice de l'ensemble de la population.
Quant à Open AI, son concurrent, il propose de basculer la charge fiscale du travail vers le capital, pour faire face à un risque nouveau : que la protection sociale, essentiellement financée par des taxes sur les salaires, s'effondre à cause de la destruction d'emplois occasionnée par les machines.
Cela rappelle les propositions de Benoît Hamon, candidat socialiste à la présidentielle de 2012. Mais c'est étonnant de voir ces patrons pris d'un excès de taxophilie. À moins que cela ne soit que de l'intérêt bien compris. Ils savent que si la révolution technologique fabrique des milliardaires d'un côté et des chômeurs de l'autre, la réaction politique sera brutale. Ils préfèrent l'anticiper.
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