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Le drapeau français et le drapeau européen (illustration)
Crédit : Crédit John MACDOUGALL / AFP
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La France est dans le dur face à la crise énergétique. Sébastien Lecornu veut muscler les aides. Depuis deux mois, le gouvernement adopte une stratégie de l'esquive, de temporisation, et d'allègement du fardeau des automobilistes, mais en lâchant le moins possible. Ils espèrent que la guerre va s'arrêter et que les prix de l'essence vont tomber.
Des aides qui ne représentent que 190 millions d'euros. Ce n'est pas énorme, sans compter celles qui vont intervenir en juin 2026 pour les gros rouleurs. Mais il est vrai que la crise a changé d'échelle. Elle commence à mordre dans l'économie réelle. En France, cela se voit via la croissance zéro au premier trimestre.
Il y a également des signaux d'alerte : un marché immobilier à l'arrêt, un secteur du bâtiment de la construction à peine convalescent qui est frappé par des hausses de prix des matériaux, et un secteur agricole qui a consommé près de 30% de carburant en moins au mois d'avril 2026. C'est énorme. En réalité, on s'achemine vers une récession et on n'est pas les seuls.
L'Allemagne a divisé par deux son estimation de croissance pour l'année en cours à 0,5%. Outre-Rhin, le secteur de l'industrie a pris une nouvelle claque avec la montée des prix de l'énergie. Au plan mondial, la consommation de pétrole a baissé de 5%. C'est sans précédent depuis le Covid et c'est de très mauvais augure pour la croissance.
Mais à quoi pourrait ressembler ces nouvelles aides ? Ce sont des catégories professionnelles qui vont être visées. Les taxis, par exemple, souffrent énormément, ou encore les agriculteurs, qui sont dans une situation extrêmement préoccupante.
Et même si la guerre s'arrêtait, il y aurait trois facteurs d'inquiétude. D'abord, il va falloir des mois pour rétablir les capacités de production de pétrole et de gaz endommagées par le conflit. Cela va maintenir des prix élevés. Le détroit d'Ormuz, même pacifié, est devenu un risque pour toujours, après l'expérience du blocage. Un risque qui va être facturé par les transporteurs, et par les assureurs des navires.
Deuxièmement, l'inflation est à un peu plus de 2% en avril 2026 en France. Et cela est davantage important dans certains pays de la zone euro. Ce n'est probablement pas fini. La banque centrale, dont la mission est de lutter contre l'inflation, va être prise de Charybde en Scylla. Si elle veut lutter contre la hausse des prix, il va falloir qu'elle monte les taux d'intérêt, c'est-à-dire le coût du crédit facturé par les banques, au risque d'étouffer le peu d'activité. Soit au contraire, la banque centrale veut protéger la croissance et laisse l'inflation progresser. Un choc pétrolier est très difficile à traiter avec la médecine traditionnelle de l'économie.
Enfin, le ralentissement risque de faire déraper le déficit budgétaire français, une nouvelle fois, alors qu'il est déjà très élevé. C'est étonnant, mais seule la bourse fait la fête dans un tel climat. Le CAC 40 a encore pris plus d'un pourcent le mardi 5 mai 2026.
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