2 min de lecture
Les drapeaux de l'Union européenne. (Illustration)
Crédit : AFP / Georges Gobet
Je m'abonne à la newsletter « Économie »
Dans le monde d’aujourd’hui, dominé par l’affrontement entre la Chine et les États-Unis, les puissances moyennes n’ont qu’une stratégie possible : rechercher des alliances en dehors de ces deux monstres qui veulent les malmener. C’est à ce seul prix qu’ils peuvent espérer rétablir leur influence internationale, y compris vis-à-vis de Washington et Pékin.
C’est exactement ce que visent aujourd’hui l’Europe et l’Inde. Ces deux puissances moyennes cherchent à conclure un vaste accord commercial en discussion depuis une vingtaine d’années.
L’Europe est bien sûr frustrée dans sa relation avec Trump. Elle a perdu son statut de co-adjuteur de l’ordre mondial. De son côté, l’Inde subit aussi les vexations de l’Oncle Sam. Les États-Unis ont collé 50% de taxes sur les exportations du pays le plus peuplé du monde (1,5 milliard d'habitants).
La présidente de la Commission européenne, Ursula Von Der Leyen, et son homologue du Conseil européen, Antonio Costa sont donc à New Dehli à l'occasion du 12ᵉ sommet indo-européen pour conclure cet accord.
Plusieurs bénéfices entourent cet accord. Il permettrait de baisser fortement les droits de douane sur les voitures européennes, aujourd’hui taxées à 110%. Un avantage pour les Allemands, mais aussi pour les Français comme Renault, qui mise sur l’Inde. Les droits de douane sur les vins et spiritueux, spécialité française, sont également amenés à baisser. L’agriculture n’est pas concernée.
Mais le commerce n’est pas le seul volet du deal. Il y a aussi un partenariat de défense et de sécurité. Une excellente chose, car l’Inde cherche à contrer la menace chinoise dans l’Indo-Pacifique tandis que l’Europe cherche à exister dans cette zone stratégique.
Depuis longtemps, l'Inde est l’un des premiers clients de l’industrie de l’armement française. Et un gros contrat d'avions Rafale est toujours en négociation. Cet accord revêt donc un enjeu économique important, d'autant plus que le pays est jusqu’ici l’un des plus protectionnistes au monde.
Pour autant, même si la croissance de l'Inde dépasse 7% par an depuis plusieurs années et même s’il est le plus peuplé du monde, son économie est encore petite. Le PIB de l’Inde est plus petit que celui de l’Allemagne. Ses échanges internationaux sont six fois moindres que ceux de la Chine.
Mais, alors, peut-on attendre un miracle indien, comme il y a eu un miracle chinois ? Il y aura certainement de très belles années. La population active du pays continue à augmenter fortement. Mais en Chine, le gros avantage du communisme avait été de donner à tous l’éducation, la santé et l’alimentation, et d’éradiquer le féodalisme. Cela a constitué le socle du miracle chinois.
Rien de tel en Inde, où le système des castes perdure et les femmes restent marginalisées dans la vie économique. Ce qui constitue certainement des freins pour l’avenir.
Bienvenue sur RTL
Ne manquez rien de l'actualité en activant les notifications sur votre navigateur
Cliquez sur “Autoriser” pour poursuivre votre navigation en recevant des notifications. Vous recevrez ponctuellement sous forme de notifciation des actualités RTL. Pour vous désabonner, modifier vos préférences, rendez-vous à tout moment dans le centre de notification de votre équipement.
Bienvenue sur RTL
Rejoignez la communauté RTL, RTL2 et Fun Radio pour profiter du meilleur de la radio
Je crée mon compte