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"Survivre dans un pays où l'industrie se meurt" : François Lenglet explique pourquoi les difficultés de Fibre Excellence et Lapeyre illustrent les fragilités des PME françaises

Deux entreprises, deux secteurs différents, mais le même constat : l’industrie française souffre. Entre explosion des coûts, concurrence étrangère et stratégies contestées de certains actionnaires, Lapeyre et Fibre Excellence illustrent les fragilités croissantes des PME industrielles.

Des employés se sont rassemblés sur le site industriel du groupe Fibre Excellence à Tarascon, le 14 avril 2026.

Crédit : Thibaud MORITZ / AFP

Fibre Excellence, Lapeyre : le destin tragique des PME industrielles françaises

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Fibre Excellence, Lapeyre : le destin tragique des PME industrielles françaises

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François Lenglet - édité par Alexian Giron

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Deux histoires emblématiques qui racontent les difficultés des PME industrielles françaises. Ces entreprises ont fait naguère la croissance et la prospérité de nos régions. Elles se battent pour survivre dans un pays où l'industrie se meurt. Lapeyre, fondé en 1931, spécialiste de la menuiserie, possède encore plusieurs usines françaises mais s'étiole sous le contrôle d'un fonds d'investissement allemand. 

Fibre Excellence, l'un des survivants de l'industrie papetière en France, installé à Tarascon dans les Bouches-du-Rhône et à Saint-Gaudens en Haute-Garonne, est en attente d'un repreneur à la barre du tribunal de commerce. Deux histoires qui racontent la nouvelle vague de désindustrialisation qui emporte la France des usines. 

Ces deux entreprises ont-elles des difficultés communes ? Théoriquement, l'une et l'autre sont sur des marchés porteurs. L'une fait des cartons et des emballages. On n'en a jamais autant consommé, avec l'essor du e-commerce. L'autre devrait profiter de l'essor de la rénovation énergétique. Le problème, dans un cas comme dans l'autre, ce sont les coûts français. 

Les coûts de l'énergie et du travail pèsent sur le sort de ces entreprises

Pour Fibre Excellence, très consommatrice d'électrons, cela représente jusqu'à un tiers du prix de revient. Tant que l'entreprise pouvait bénéficier des prix bas obtenus pendant des décennies grâce au nucléaire, elle s'en sortait. C'est désormais fini. 

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La France a perdu une partie de ses sites de production papetiers. Le coût du travail pèse sur l'économie de l'entreprise Lapeyre avec 45 euros de l'heure au total en moyenne, au moins deux fois plus qu'en Europe de l'Est. Le surcroît de la réglementation pèse également sur le sort de ces entreprises. Une maladie européenne et française. 

Un phénomène qui profite à la concurrence étrangère

En Pologne, en Roumanie et en Espagne, la menuiserie low-cost profite de coûts du travail bien plus faibles. De son côté, la Chine profite du secteur de l'emballage. Comme l'Amérique a fermé son marché depuis l'arrivée de Donald Trump, Pékin réoriente donc ses exportations vers le seul grand marché ouvert : l'Europe. 

Que font les propriétaires de ces entreprises ? Selon un rapport parlementaire, le fonds allemand propriétaire de Lapeyre se goinfre en frais de conseil et de management qu'il facture à la bête efflanquée. Une pratique scandaleuse, de certains fonds dits de retournement. Quant à Fibre Excellence, son propriétaire indonésien veut céder l'entreprise. Pour lui, la France est un pays lointain et pas rentable. Une offre de reprise est d'ailleurs en cours de constitution. C'est le lot de ces PME qui dévissent, passent d'une main à l'autre, parfois au tribunal, et perdent leur chiffre d'affaires, leurs usines et leurs emplois. 

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