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Les retards de paiement atteignent des niveaux records : comment les grands groupes plombent les trésoreries des PME

Les retards de paiement repartent à la hausse et fragilisent surtout les petites entreprises, déjà éprouvées par un contexte économique tendu. En août, avec les services comptables au ralenti, beaucoup de patrons redoutent un nouvel étranglement de trésorerie.

Un ordinateur portable. (Photo d'illustration)

Crédit : BARBARA GINDL / APA / AFP

Les retards de paiements : fléau des petites entreprises

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Les retards de paiements : fléau des petites entreprises

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Pierre Herbulot - édité par Alexian Giron

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Les retards de paiement, un fléau pour les entreprises. Ce mois d'août commence d'ailleurs à inquiéter certains patrons de petites et très petites entreprises. Dans les grands groupes, la même scène : la plupart des services de comptabilité partent en vacances sans payer les factures. C'est la même chose tous les ans, explique Pierre Pelouzet, médiateur des entreprises à RTL. En septembre, ils se retrouvent toujours avec 15% de saisines en plus. Ces petits patrons sans trésorerie aimeraient bien toucher leur argent.

Une situation qui oppose les grands groupes aux petits patrons. Lorsqu'on évoque les retards de paiement, le rapport de force est complètement déséquilibré. David contre Goliath. Les petits patrons sont souvent dépendants des grands groupes. Quand un client pèse 50% de votre chiffre d'affaires, même s'il s'agit d'un mauvais payer, vous allez continuer à travailler avec lui. La technique du dos rond. L'inverse est également vrai. Une PME qui règle une facture en retard à une entreprise du CAC 40 ne pourra sans doute pas continuer longtemps à s'offrir ses services.

Les caisses des petites entreprises sont vides

Pourquoi ce mois d'août 2026 fait-il particulièrement peur aux petits patrons ? Le contexte économique est très défavorable. La clé reste la trésorerie. Une sorte de matelas qui permet au délai d'être plus ou moins supportable.

Actuellement, les caisses des petites entreprises sont vides à cause de la vague inflationniste post guerre en Ukraine, puis de la situation en Iran en ce début d'année 2026. Quand le carburant coûte cher, la trésorerie compense. Entre janvier et juin 2026, avant le pic du mois d'août, les activités du médiateur des entreprises ont connu une progression de plus de 40%. Du jamais vu depuis la période Covid. 

Le délai est situé entre 14 et 15 jours

Depuis 2008, une loi fixe le délai de paiement légal à 60 jours. Cela signifie qu'une entreprise paye en retard seulement 61 jours après la réception d'une commande. Le meilleur ratio qu'on ait connu, date de 2019, avec 10 jours de délai de paiement en moyenne. Actuellement, ce délai est situé entre 14 et 15 jours, selon l'Observatoire des délais de paiement.

Environ un jour de plus tous les ans. Ce n'est pas bon signe. On estime que chaque journée de retard à l'échelle du pays représente un milliard d'euros qui se trouve dans les mauvaises caisses. Donc plus de 14 milliards d'euros qui ne sont pas investis, qui ne servent pas à recruter et qui ne font pas vivre notre économie.

Les services publics et les grandes entreprises sont les plus mauvais payeurs

La loi prévoit-elle des sanctions ? Elles sont trop légères. Les entreprises peuvent être condamnées à deux millions d'euros de pénalité. Une société qui compte son chiffre d'affaires en milliards d'euros n'en a souvent rien à faire. Pour casser ce cercle vicieux, le Sénat veut faire évoluer la loi, en passant de deux millions d'euros d'amende à 1% du chiffre d'affaires mondial de l'entreprise.

Qui sont les plus mauvais payeurs ? L'État, avec ses services publics, et les grandes entreprises de plus de 1.000 salariés. Ce sont pourtant celles qui ont le plus de trésorerie. Ces deux secteurs ont respectivement 15 et 17 jours de retard. Les hôpitaux sont les mauvais élèves avec 20 jours au-delà du délai légal. Une prise de conscience est nécessaire. Il en va parfois de la survie de nos entreprises. 17.000 d'entre elles ont mis la clé sous la porte au deuxième trimestre, selon le cabinet Altares. 5% de plus qu'en 2025.

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