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Secteur de l'eau : Veolia veut racheter son concurrent Suez

ÉDITO - Veolia qui souhaite racheter Suez afin de devenir le numéro 1 mondial de l'eau, c'est une bonne nouvelle, selon François Lenglet. Mais cette fusion est loin d'être simple à réaliser.

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Secteur de l'eau : Veolia veut racheter Suez Crédit Image : Thinkstock/P?ter Gudella | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet Journaliste RTL

Révolution dans le business de l'eau potable et des métiers de l'environnement : Veolia, le leader français, annonce vouloir racheter son concurrent Suez. Bon nombre de nos auditeurs reçoivent des factures d'eau soit de l'une, soit de l'autre de ces deux sociétés, dont les ancêtres ont tous deux été créés au 19e siècle. L'une et l'autre ont eu des histoires turbulentes, multipliant les fusions, les rachats, les changements de nom, les diversifications, les nationalisations et privatisations. On ne l'aurait pas parié, mais visiblement, l'eau échauffe les esprits parce que c'est un business très rentable, avec des marges récurrentes et prévisibles. Nos deux Français ont développé au fil des décennies une expertise dans la distribution et le traitement de l'eau et le traitement des déchets, une expertise mondialement reconnue.

Les Français sont bons dans ce secteur parce qu'ils ont inventé le système de la concession, il y a plus de cent ans. La distribution de l'eau et la gestion des déchets appartiennent en réalité aux municipalités, qui peuvent, depuis le 19e, soit gérer elle-mêmes ces services, c'est ce qu'on appelle la régie, soit en concéder l'exploitation à des entreprises privées pour dix ou vingt ans. Ce système a permis le développement de Véolia, anciennement générale des Eaux, et de Suez, anciennement Lyonnaise des eaux, qui ont ensuite conquis les marchés étrangers. Pour une ville, la concession a des avantages, car elle se débarrasse des investissements, de plus en plus élevés dans ces métiers qui sont devenus très technologiques.

Une fusion pour peser à l'international

Une fusion a toujours le même objectif : gagner des parts de marché et mutualiser les coûts, c'est-à-dire regrouper les services communs, gestion et finance, DRH, etc., pour en faire baisser le coût. Et donc se développer, pouvoir investir et grandir davantage. Ici, l'idée d'Antoine Frérot, le patron de Véolia, l'acquéreur, c'est de constituer avec ce mariage le N°1 mondial, avec 40 milliards d'euros de chiffre d'affaire. Un numéro 1 qui ne pèserait que 5% d'un marché planétaire en pleine expansion, sur lequel arrivent des géants des marchés émergents, chinois en particulier, avec les régies des grandes villes qui commencent à vendre leurs services à l'export, faisant concurrence à nos champions.
 
Cette possible fusion ne signifie pas pour autant que les prix vont monter pour le consommateur parce que les villes conservent la possibilité d'opérer elles-mêmes, en régie, parce qu'il existe d'autres acteurs plus petits, et surtout parce que Veolia s'est engagé à céder le business de l'eau français  à un fonds d'investissement, pour éviter justement d'être en position dominante sur le marché national. Les synergies joueraient donc non pas en France, mais sur les marchés internationaux.

À supposer que Suez accepte et que la fusion aboutisse, c'est une bonne opération. C'est une opération très difficile à réussir entre deux concurrents directs qui se détestent. Peugeot et Citroën ont mis trente ans à oublier leur rivalité, après avoir fusionné. Et resterait le problème du vendeur, l'actuel propriétaire de Suez, Engie. Si l'opération se fait, il va récupérer quelque 3 milliards, mais pour faire quoi ? Cette entreprise, autre fleuron français, c'est l'ex-gaz de France, est aujourd'hui en transition, au milieu de nulle part, après avoir débarqué sa directrice générale. 

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