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Rolls-Royce, Ferrari, Jeep... : pourquoi les géants de l'automobile font-ils marche arrière sur l'électrique ?

Face à la baisse des ventes, plusieurs grands noms de l’automobile revoient leurs ambitions en matière de véhicules électriques.

Des voitures électriques en charge à Oslo, le 19 août 2014. (Illustration)

Crédit : AFP / Archives, PIERRE-HENRY DESHAYES

Rolls-Royce renonce à son tour au tout électrique : est-ce le bon moment ?

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Rolls-Royce renonce à son tour au tout électrique : est-ce le bon moment ?

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François Lenglet - édité par Alexian Giron

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Rolls-Royce, le célèbre constructeur automobile de luxe britannique, est le dernier en date à renoncer. Il vient d’annoncer que sa marque ne serait pas 100% électrique en 2030, contrairement à ce qu’il avait envisagé. Le légendaire moteur à 12 cylindres qui équipe ces berlines fastueuses, à essence bien sûr, restera au catalogue, même s’il consomme plus de 20 litres de carburant aux 100 kilomètres.

Rolls-Royce, qui appartient désormais à l'Allemand BMW, a de bonnes raisons de faire marche arrière. Les ventes de son seul modèle électrique, la Spectre, se sont effondrées l'année dernière, à 1.000 unités, contre 1.900 l'année précédente. En vente à 400.000 euros, le constructeur automobile perd en chiffre d'affaires. Mais Rolls-Royce n'est pas seul dans cette situation.

Une série d'entreprises automobiles rebroussent chemin. Bentley, qui appartient au groupe Volkswagen, a abandonné tout objectif en matière d'électrification de sa gamme. Idem pour Porsche qui a annoncé de nouveaux modèles thermiques, alors que le géant allemand avait investi sur les nouvelles technologies quelques années auparavant. Ferrari a également réduit de moitié son objectif de production pour l'électrique. Quant à Lamborghini, le constructeur automobile a carrément annulé la sortie de son nouveau modèle à batterie, la Lanzador, qui était prévue en février 2026. Personne n'en voulait. Le groupe parie désormais sur les V8 et V12 hybrides.

Près de 70 milliards d'euros de pertes pour les constructeurs mondiaux en 2025

Et ce phénomène s'étend également auprès des constructeurs automobiles plus ordinaires. Stellantis a fait demi-tour en février 2026, en annonçant plus de 20 milliards d'euros de pertes. Sa marque Jeep va refabriquer des pick-up à essence. Honda a annoncé 16 milliards de dollars de pertes à venir en raison de la refonte de sa gamme. Mercedes, Ford ou encore Renault ont également infléchi leur stratégie, en pariant désormais sur l'hybride non rechargeable, alliant consommation moindre et grande autonomie.

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Le Financial Times a calculé que les changements de stratégie et les lancements annulés ont coûté aux constructeurs mondiaux près de 70 milliards d'euros sur l'année 2025.

Des voitures jugées trop chères et peu pratiques

Depuis le lancement de la Spectre électrique, le monde a changé, a expliqué le patron de Rolls-Royce. C'est vrai. Donald Trump, climatosceptique, a supprimé les incitations fiscales à acheter les véhicules sans émission, et arrêté les investissements dans les bornes de recharge. L'Europe a suivi, en aménageant le calendrier de la transition. Mais surtout, le consommateur trouve ces voitures trop chères et peu pratiques, à cause d'une autonomie jugée faible.

Le paradoxe étant que les prix de l'essence raniment l'intérêt pour l'électrique. Il est possible que les constructeurs, après avoir été prêts avant l'heure, ne le soient plus quand l'heure est arrivée.

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