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"Si la guerre en Iran s'arrêtait demain, il faudrait plusieurs années pour espérer un retour à la normale", estime François Lenglet concernant le détroit d'Ormuz

La poursuite de la guerre en Iran fait planer de lourdes menaces sur l’approvisionnement énergétique mondial. La France et l’Europe se préparent à affronter plusieurs scénarios, alors que le détroit d’Ormuz reste sous tension.

Des cargos au large de Fujairah, ville des Emirats Arabes Unis, dans le détroit d'Ormuz.

Crédit : Giuseppe CACACE / AFP

L'avertissement de Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies : si le conflit dure 3 ou 4 mois, nous pouvons l'absorber ; s'il dépasse 6 mois, toutes les économies du monde en souffriront vraiment

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L'avertissement de Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies : si le conflit dure 3 ou 4 mois, nous pouvons l'absorber ; s'il dépasse 6 mois, toutes les économies du monde en souffriront vraiment

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François Lenglet - édité par Alexian Giron

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Patrick Pouyanné, président-directeur général du groupe TotalEnergies, s'est exprimé le dimanche 22 mars 2026 en marge du China Development Forum, le Davos chinois. Le patron de l'énergéticien français a souligné que la France pouvait absorber trois à quatre mois de crise causée par la poursuite de la guerre en Iran. En revanche, l'Hexagone aurait plus de difficulté à encaisser les six mois de blocage du détroit d'Ormuz et les capacités de production dans le Golfe endommagées à cause des frappes. Il y aurait un véritable impact sur les différentes économies du monde. 

Concernant le scénario optimiste, depuis le début de la guerre, le pétrole est passé de 65 à un peu plus de 100 dollars le baril, ce qui reste gérable. La riposte est déjà en cours, avec la libération des stocks internationaux, qui comptent pour plusieurs mois de consommation. 

Quant au gaz, son prix a doublé. Toutefois, la saison chaude commence dans l'hémisphère nord. Ainsi, la consommation va baisser, même si l'industrie continue à tirer. L'amortisseur possible est de différer le remplissage des stocks, qui débute habituellement en Europe à cette époque, a demandé la Commission européenne. 

Les attaques ont réduit les capacités d'exportation du Qatar de 15 à 17%

Le scénario pessimiste étant que le blocage persistant du détroit d'Ormuz et l'attrition des raffineries fassent exploser les prix, parce que le marché s'assèche pour le pétrole et pour le gaz. Ainsi, l'inflation s'emballe, puisqu'il y a de l'énergie dans tous les produits. Moins de croissance, des entreprises qui plongent et le chômage qui monte. 

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L'autre risque concerne la pénurie de carburant et notamment pour le kérosène. Les compagnies aériennes sont déjà en train de faire des plans d'urgence. Air France envisage par exemple de réduire ses dessertes en Asie, par crainte de ne pas trouver le fioul nécessaire pour rentrer en Europe. L'Asie est plus dépendante du détroit d'Ormuz que le Vieux Continent. 

Et si la guerre s'arrêtait demain, il faudrait plusieurs années pour espérer un retour à la normale. Les attaques ont réduit les capacités d'exportation du Qatar de 15 à 17%, les routes sont durablement compromises, et le tarif des assurances va rester élevé. Il est également possible d'envisager que si le régime iranien ne tombe pas, celui-ci pourrait mettre en place un péage pour franchir le détroit, en jouant sur la menace. Ormuz était une autoroute gratuite, il pourrait devenir une voie à péage, avec des bandits sur le bas-côté.

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