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Une Française présente "une forme grave", "maladie tropicale négligée", "pas de vaccin"... Ce qu'il faut retenir de la conférence de presse de la ministre de la Santé sur l'hantavirus

Face aux nombreuses questions liées à l'hantavirus, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a tenu une conférence de presse entourée de plusieurs responsables de l'infectiologie et de la virologie française, ce mardi 12 mai.

Stéphanie Rist, lors d'une conférence de presse visant à faire un point sur l'hantavirus, le 12 mai 2026

Crédit : Thomas SAMSON / AFP

Marie-Pierre Haddad

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"Pas d'élément en faveur d'une circulation diffuse du virus sur le territoire national". Lors d'une conférence de presse ce mardi 12 mai, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a fait le point sur le retour des cinq Français qui se trouvaient à bord du MV Hondius, foyer où l'hantavirus a été détecté. 

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"Dès l'identification du virus, le gouvernement a agi immédiatement", a déclaré la ministre. Les cinq Français présents sur le bateau ont été "pris en charge dans des établissements hospitaliers de référence" et "soumis à une surveillance étroite". 

Elle a assuré que quatre d'entre eux sont testés "négatifs". Cependant, une Française a été "testée positive à l'hantavirus" et elle présente "une forme grave". Cette personne est actuellement "en réanimation". Stéphanie Rist a assuré que, pour l'instant, les cas positifs recensés sont "exclusivement des croisiéristes" du MV Hondius. 

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La ministre de la Santé a ensuite rappelé la décision prise la veille par le Premier ministre Sébastien Lecornu de durcir les règles d'isolement "pour tous les cas contacts, sans exception", via une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier". 

"Un virus qui circule depuis plusieurs années"

Lors de cette conférence de presse, Stéphanie Rist était accompagnée d'épidémiologistes. Le professeur Yazdan Yazdanpanah a pris la parole à son tour et a assuré : "On n'est pas dans la situation de janvier 2020", en référence à l'épidémie de coronavirus. "C'est un virus qu'on connait depuis 30 ans. Même s'il y a des inconnues, on n'est pas dans la situation de janvier 2020", a précisé le professeur de gastro-entérologie et d’hépatologie au sein du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Bichat-Claude-Bernard.

Ensuite, Caroline Semaille, directrice générale de Santé publique France, a rappelé que l'hantavirus est "un virus qui circule depuis plusieurs années". "En Argentine, il y a très souvent des cas à hantavirus Andes, globalement chaque année entre 100 et 150 cas sont diagnostiqués, le début de l’année 2026 est déjà plus important que les années précédentes", a-t-elle expliqué. 

Une "longue" période d'incubation

En complément, Xavier Lescure, infectiologue à l’hôpital Bichat - Claude Bernard (AP-HP), a évoqué "l'histoire naturelle de ce virus". "C'est une histoire qu’on connaît assez mal", a-t-il reconnu. "Le réservoir est purement animal et les animaux ne sont pas symptomatiques", a-t-il ajouté en rappelant que l'infection a lieu dans la majorité des cas "par voie zoonotique, d’animal à humain". Cependant, la souche Andes qui a contaminé les cinq Français à bord du navire de croisière dispose d'une "caractéristique" : "la transmission d’humain à humain".

Autre particularité soulignée par Xavier Lescure : le temps d'incubation. Cette période est "longue", puisqu'elle peut durer "en médiane de deux, trois semaines jusqu'à six semaines". "Autant le délai d’incubation est long, autant l’expression de la maladie peut être très rapide", nuance-t-il. La science ignore "les facteurs de risque de gravité de la maladie". "En quelques jours, les patients passent de 'je suis fatigué' à 'je suis en réanimation, intubé et ventilé", a-t-il conclu.

"Pas de vaccin contre l'hantavirus"

"Il n'y a pas de vaccin contre l'hantavirus", a déclaré l'infectiologue Xavier Lescure. Des propos confirmés par Olivier Schwartz, virologue à l’institut Pasteur. Il n'existe "pas de traitement anti-viral spécifique, mais il y a des articles qui ont montré qu’il y a des molécules qui peuvent être repositionnées, a-t-il détaillé. Il n’y a pas actuellement de vaccins disponibles (...) Il y a d’autres projets en phase clinique ou pré clinique".

"On a affaire à une maladie tropicale négligée et un virus extrêmement dangereux", a pour sa part estimé Antoine Flahault, épidémiologiste. Ce dernier décrit "une situation exceptionnelle et inédite".

Un épidémiologiste a expliqué quant à lui que "le lavage des mains et le port du masque suffisent à créer une barrière à la transmission".

"Pas d'inquiétude" sur les stocks de masques

Interrogée sur les stocks de masques, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a assuré ne "pas" avoir "d'inquiétude". "Nous reconstituons la quantité de stocks nécessaires suite au Covid", a-t-elle ajouté. Concernant les places d'hospitalisation, "nous n’avons eu aucune difficulté à trouver les places pour les cas identifiés qui sont dans des chambres particulières", a-t-elle précisé.

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