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Rachat de SFR : la fin de l'âge d'or pour l'abonné du mobile

CHRONIQUE - Dans la téléphonie, dès que l'on parle au consommateur de "grandes manœuvres" qui visent à réduire le nombre d'acteurs, ça sent la fin de l'âge d'or pour l'abonné du mobile.

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Rachat de SFR : la fin de l'âge d'or pour l'abonné du mobile Crédit Image : AFP / KENZO TRIBOUILLARD | Crédit Média : RTL | Date :
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Rien ne va plus dans la téléphonie mobile ! Bouygues veut racheter SFR, Free rachèterait le réseau de Bouygues, et l'un des quatre opérateurs disparaîtrait. À quoi joue-t-on ? À "Qui veut gagner des millions ?"

Les opérateurs historiques - Orange, SFR et Bouygues - n'arrivent pas à générer les profits qu'ils attendent de leurs investissements. Free, le trublion, manque de coffre pour tenir la distance.

Mécano

Tout ce petit monde veut donc rebattre les cartes tout en évitant l'arrivée d'un challenger, Numéricable (le champion de la fibre optique). Ce dernier veut se lancer dans le mobile. Il en a les moyens (15 milliards d'euros dans sa besace), et il a les dents longues. Mais il a un handicap : il n'appartient pas au microcosme parisien.

Voilà pour la grille de lecture. Maintenant, comment gagner ces millions ? Le mécano est assez simple. Bouygues vend pour près de deux milliards d'euros ses 15.000 antennes et ses fréquences 3G et 4G à Free, qui était accessoirement son pire ennemi jusqu'à la semaine dernière. Dans la foulée, il rachète SFR. À la fin de la partie, il n'y aura plus que Bouygues - SFR (avec 42 millions d'abonnés), Orange (27 millions) et Free (8 millions).

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On a perdu un réseau en route, et c'est le but de la manœuvre. Arnaud Montebourg veut, au nom de l’intérêt supérieur de la Nation, effacer de la carte l'un des quatre opérateurs tricolores. Son idée de base : si les opérateurs sont moins nombreux, ils gagneront plus d'argent et ils pourront investir dans le très haut débit.

"Big bang" du mobile

L'argument a ses vertus ; mais pour le consommateur, l'amoindrissement de la concurrence, c'est d'abord le risque d'une entente sur les prix, et des factures plus lourdes. En occultant tous les exemples qui démontrent le contraire en Europe, les opérateurs et le ministre nous promettent le contraire. Mais on n'est pas obligé de les croire.

Free va tout de même dépenser 2 milliards pour ne plus faire le "Tanguy" au cœur du réseau de France Télécom. Bouygues, lui, va emprunter au moins 11 milliards à la banque HSBC pour absorber SFR. Orange, qui va se trouver déclassé, devra investir lourdement pour rester dans la course. Toutes ces dépenses et ces emprunts, il faudra bien les récupérer au plus vite. Le meilleur moyen, c'est de réduire les coûts de production (donc l'emploi) et de charger la facture de l'abonné.

Le gouvernement est-il prêt à cela ? C'est en tout cas le sens des opérations en cours. On va voir comment il réagit. On parle quand même d'un "big bang" du mobile, d'une réorganisation profonde d'un secteur majeur. Il y aura donc nécessairement des conséquences sur l'emploi, sur la concurrence et sur les prix. L'Autorité française de la concurrence peut encore brouiller les cartes, bien sûr ; celle de Bruxelles, aussi. Quant au gouvernement, il ne pourra qu'entériner la décision de Vivendi. C'est le vendeur, et le principal acteur de ce mécano.

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