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Pourquoi ralentir internet, c'est affaiblir notre économie

ÉCLAIRAGE - Aujourd'hui, Internet est partout : dans notre industrie, dans nos loisirs, dans nos achats, dans nos services publics. Le ralentir revient à fragiliser notre économie.

Des câbles de fibre optique
Des câbles de fibre optique
Crédit : AFP
Pourquoi ralentir internet, c'est affaiblir notre économie
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Martial You

Curieux sabotage. Des câbles internet ont été coupés au même moment dans plusieurs endroits en France mercredi 27 avril. Ces actes de malveillance doivent aussi nous faire prendre conscience de notre dépendance très forte au numérique désormais. Internet est partout dans notre industrie, dans nos loisirs, dans nos achats, dans nos services publics. Ralentir internet, c'est le nouvel anarchisme. C'est fragiliser notre économie.

C'est à la fois une force et un point faible de notre économie. C'est à croire que, depuis deux ans, les crises pointent du doigt toutes nos dépendances : aux médicaments pendant le Covid, aux semi-conducteurs juste après la pandémie, aux matières premières russes et ukrainiennes. Ce sabotage prouve qu'en réduisant internet, on ralentit l'activité économique de la France.

Quel est le poids du numérique dans notre économie ? La difficulté, c'est que tout est numérique et tout passe par internet. Donc vous avez les acteurs du digital et vous avez les utilisateurs qui ont besoin d'internet pour développer leur activité.

Un marché de 150 milliards d'euros

Aujourd'hui, le poids d'Internet dans notre économie, c'est 6%. Deux fois plus que l'agriculture. C'est un marché de 150 milliards d'euros, c'est-à-dire autant que le secteur de la banque-assurance plus le secteur de l'aéronautique. C'est donc énorme et vous avez un million de personnes qui travaillent directement pour des sociétés de services informatiques.

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Mais, bien entendu, internet irrigue toute notre économie. Et c'est là où ça devient notre talon d'Achille. Les Russes l'avaient bien compris en menaçant de couper des câbles sous-marins par lesquels passent les informations du web entre les Etats-Unis et l'Europe. Cela semble rudimentaire et archaïque mais le haut débit passe par les bas fonds de l'océan au travers de simples câbles à 600 mètres de profondeur. Si on coupe internet, on ralentit les transactions et donc l'activité économique. Mercredi 27 avril, c'était la même volonté en s'en prenant à quelques câbles.

Qu'est-ce qui se passe si on ralentit internet ?

Prenons deux exemples simples : les transactions financières. On appelle ça le "trading haute fréquence". Ce sont des ordinateurs qui déclenchent des ordres de ventes à la nano-seconde pour réaliser des plus-values. Ce ne sont plus des traders humains à la corbeille. Chaque seconde vaut des millions. Donc tout ralentissement a un coût. Le temps, c'est de l'argent.

Autre exemple : le e-commerce. C'est maintenant un pan majeur de notre économie qui ne passe que par internet : deux milliards de transactions par an (4.000 achats par minute) pour un chiffre d'affaires de 130 milliards d'euros. Si la validation des achats ralentit, ce sont des ventes en moins et une perte d'activité.

Des services publics dépendants d'internet

Même nos services publics sont dépendants d'internet. Nous pouvons même claironner que la France est au premier rang européen de la e-administration. Nous proposons de nombreux services en ligne (déclaration de revenus, paiement des amendes, Parcoursup...) 

Un ralentissement du réseau internet entraine assez vite un engorgement de nos services administratifs qui ne sont plus assez nombreux pour gérer les retards. Vous avez aussi plusieurs centaines de milliers d'étudiants et de salariés qui suivent des formations en ligne (ce qu'on appelle des MOOC). L'économie est un réseau de veines et d'artères... internet en est le sang qui fait circuler les informations et les flux financiers.

Ralentir internet, c'est affaiblir notre économie ?

En effet. Créer une crise de confiance. Déstabiliser. D'autant que la digitalisation est un aller sans retour : quand on utilise internet, on réduit les services physiques et notamment les services publics. Avec le Covid, on a beaucoup digitalisé notre économie. On se sépare donc progressivement du cash en payant avec sa carte bancaire sans contact pour les sommes de moins de 50 euros. Ces opérations sont plus compliquées si le terminal de paiement traine. Mais les banques ne sont pas prêtes à remettre des distributeurs de billets dans toutes les rues. 

Pourtant, dans un climat de guerre en Ukraine, certains pays comme la Finlande, la Norvège, la Suède, qui avaient abandonné le cash redécouvrent les billets et les pièces. La société de transports de fonds Loomis a constaté une hausse de 20% des retraits de billets à la banque dans ces pays. La population a peur de ne plus avoir accès à son argent.

Le temps, c'est de l'argent, mais l'argent et l'économie des pays occidentaux tiennent beaucoup grâce à la confiance des citoyens.  Si vous recevez ce message en dehors de vos horaires de travail ou durant vos temps de repos, vous n'êtes pas tenu d'y répondre, sauf en cas d'urgence et/ou sujet d'une importance exceptionnelle.

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