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Plastiques, vêtements, transports : pourquoi le blocage du détroit d'Ormuz dépasse largement l'enjeu du carburant

Alors que le détroit d'Ormuz est au centre des tensions internationales, la dépendance mondiale au pétrole ne se limite pas à la question du carburant. Jean-Marc Jancovici, président du Shift Project et expert climat-environnement, vous explique l'enjeu qui dépasse largement la pompe à essence.

Des puits de pétrole en Iran, le 12 mars 2017. (Illustration)

Crédit : AFP / Atta KENARE

"Le pétrole, c'est bien plus que ce que nous trouvons à la pompe"

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Jean-Marc Jancovici - édité par Jérémy Descours

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Ce samedi 4 avril, cap sur le détroit d'Ormuz, au cœur de l'actualité et des tensions au Moyen-Orient. Cette voie maritime stratégique, par laquelle transitent d'importantes quantités de gaz et de pétrole, est aujourd'hui presque fermée, provoquant une hausse du prix du carburant à la pompe. 

Mais au-delà des déplacements, le pétrole joue un rôle bien plus large dans le monde moderne, tant il est omniprésent dans notre quotidien.

En effet, une part importante du baril n'est pas brûlée. À la sortie de la raffinerie, environ un tiers des produits raffinés sert de matière première pour d'autres usages que l'alimentation des moteurs. Du plus léger au plus lourd, on trouve notamment le naphta, utilisé pour fabriquer des fibres synthétiques et des matières plastiques. Une grande partie des individus portent, aujourd'hui, des fibres synthétiques.

Le plastique est partout

Car oui, les plastiques ne se limitent pas aux sacs de supermarché : ils incluent les emballages alimentaires, une part importante des matériaux de construction et de nombreux composants industriels intégrés dans les objets fabriqués. Tous les appareils électroménagers comportent aussi des pièces en plastique.

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Le baril de pétrole permet également de produire des lubrifiants, des goudrons et de nombreuses autres substances. Même les bougies utilisées lors d'un dîner aux chandelles sont issues du pétrole. Ainsi, une part significative du baril est omniprésente dans le monde moderne et sert à fabriquer la plupart des objets qui nous entourent.

Pénurie de matière première

Par conséquent, si le détroit d'Ormuz restait bloqué encore plusieurs mois cela entraînerait un manque de nombreuses ressources. Il y aurait une pénurie de matières premières, mais aussi de carburant pour des engins autres que les voitures, pourtant indispensables au fonctionnement du monde moderne.

Les camions, par exemple, sont essentiels pour approvisionner les villes. Sans eux, il n'y aurait ni nourriture ni biens disponibles, et tous les objets que nous possédons ont été transportés par camion. Une diminution de l'approvisionnement en pétrole entraînerait donc une baisse des livraisons, perturbant l'économie.

Une baisse du PIB

D'autres engins motorisés jouent également un rôle clé : tracteurs, machines de chantier, équipements forestiers ou miniers. Tous participent à des maillons essentiels de l'économie.

Si le détroit d'Ormuz restait fermé longtemps, cela représenterait environ 20% de pétrole en moins dans l'économie mondiale, et jusqu'à 25% pour les pays importateurs. 

Une telle baisse se traduirait par une contraction comparable de l'activité économique, en raison du manque de matières premières et de machines. Cette situation se refléterait davantage dans la baisse du PIB que dans la seule hausse du prix du carburant.

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