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Le président américain Donald Trump répond à la question d’un journaliste après avoir signé un décret dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche à Washington, le 31 mars 2026.
Crédit : Brendan SMIALOWSKI / AFP
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La guerre en Iran touche-t-elle vraiment à sa fin ? Ces dernières heures, Donald Trump a promis un retrait des troupes américaines "dans deux ou trois semaines" et annoncé un cessez-le-feu imminent, tout en exigeant la réouverture du détroit d'Ormuz.
Mais à Téhéran, les autorités démentent tout accord et assurent que les combats se poursuivent. Alors que le président américain doit s'exprimer à nouveau dans la nuit de mercredi à jeudi (21h heures locales, 3 heures à Paris), l'optimisme affiché par le président américain contraste avec des objectifs de guerre toujours loin d'être atteints.
Car depuis le début du conflit, l'administration américaine a avancé plusieurs priorités : empêcher l'Iran d'accéder à l'arme nucléaire, affaiblir ses capacités militaires, ou encore sécuriser les routes énergétiques, notamment dans le détroit d'Ormuz.
À cela s'est ajoutée, de manière plus implicite, la question d'un possible changement de régime à Téhéran.
Concernant le dossier le plus important, celui de l'arme nucléaire, Georges Malbrunot appelle d'emblée à la prudence face aux déclarations récentes de Donald Trump. Le grand reporter et spécialiste du Moyen-Orient souligne, pour RTL.fr, que "la principale inconnue reste la localisation et le sort des 400 kg d'uranium enrichi à 60%", un stock stratégique que les États-Unis n'ont, à ce stade, ni sécurisé ni détruit. Autrement dit, l'objectif central affiché par Washington reste incomplet.
Selon lui, cette question constitue même "l'une des dernières cartes" entre les mains de Téhéran. Des options militaires, notamment des opérations commando au sol, seraient envisagées pour tenter de récupérer ces matériaux sensibles. Mais en l'état, insiste-t-il, "sur ce dossier-là, les États-Unis n'ont pas rempli leur objectif".
La situation pourrait d'ailleurs encore se dégrader. En effet, l'Iran menace désormais de sortir du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), un scénario qui constituerait, selon Georges Malbrunot, "une défaite encore plus cinglante pour les Américains et pour la communauté internationale".
Ainsi, "sur le dossier du nucléaire, même si Donald Trump avait déclaré qu'il avait été oblitéré en juin, il reste beaucoup de choses à faire", insiste le journaliste.
Sur le plan militaire, le bilan apparaît, en revanche, plus nuancé. Les capacités balistiques iraniennes ont été "sévèrement diminuées", reconnaît le spécialiste du Moyen-Orient. Toutefois, cette dégradation ne signifie pas neutralisation : l'Iran conserve une capacité de frappe régulière, estimée à "une quarantaine de missiles par jour".
Georges Malbrunot souligne également la résilience de l'appareil industriel iranien, capable de produire encore des missiles, notamment grâce à des installations souterraines. En somme, si l'Iran a été "considérablement affaibli", il n'a pas été désarmé, conservant une capacité de nuisance significative.
La question du détroit d'Ormuz, troisième objectif majeur de l'intervention américaine, reste entière. Le journaliste évoque des discussions en cours, notamment via un axe pakistano-chinois, impliquant plusieurs acteurs régionaux et internationaux. L'hypothèse d'un consortium international chargé de réguler les flux énergétiques est évoquée, sans qu'aucune solution concrète n'ait encore émergé.
Dans ce contexte, l'éventualité d'un retrait américain sans règlement préalable apparaît particulièrement préoccupante. La sortie de Donald Trump, laissant entendre que la gestion d'Ormuz ne serait plus une priorité américaine, relève selon Georges Malbrunot d'"emporte-pièce habituelle" du président. Mais si elle devait se traduire dans les faits, elle serait "assez catastrophique", laissant l'Iran en position de force dans la région.
D'autant plus que le calendrier fixé par Trump se resserre : l'ultimatum fixé au 6 avril pourrait ouvrir la voie à de nouvelles négociations. Mais leur issue reste hautement incertaine, et rien ne garantit qu'un accord structurant verra le jour. "Il faut espérer qu'au 6 avril, à l'expiration de l'ultimatum de Donald Trump, de nouvelles négociations s'ouvrent, qu'il y ait une sorte de fin de conflit et que s'ouvrent des vraies négociations sur Ormouz et sur le reste", insiste le spécialiste.
Le 30 mars, le locataire de la Maison-Blanche s'est vanté d'avoir obtenu un "changement de régime" en Iran depuis le début du conflit, grâce à des frappes aériennes qui ont tué le Guide suprême Ali Khamenei et de nombreux hauts responsables de la République islamique.
La question du "changement" de régime apparaît largement hors de portée à court terme. Georges Malbrunot nuance même l'idée qu'il s'agissait d'un objectif réel de Washington, estimant que les Américains savaient dès le départ qu'un tel scénario était improbable.
Il note toutefois une transformation interne du pouvoir iranien : "On est passé à un régime purement militaire", dominé par les Gardiens de la révolution. Une évolution qui ne va pas dans le sens d'une modération, bien au contraire. Ces acteurs, expérimentés et idéologiquement ancrés, ne sont "pas du tout plus raisonnables", juge le journaliste.
Surtout, le conflit pourrait produire un effet inverse à celui escompté. Loin d'être affaibli politiquement, le régime pourrait sortir renforcé. "Pour le régime, survivre, c'est une victoire", rappelle Malbrunot. Cette survie pourrait se traduire par un durcissement interne, avec une répression accrue et une posture plus radicale sur la scène internationale.
En conclusion, le grand reporter dresse un constat sévère : les objectifs de guerre américains ont évolué au fil du conflit, parfois à la baisse, traduisant une forme d'improvisation stratégique. Les déclarations récentes du secrétaire à la Défense, recentrant les ambitions sur des cibles plus limitées comme la marine iranienne, illustrent ce glissement.
Des menaces persistantes mais un ultimatum repoussé dans la guerre en Iran : à quoi joue Donald Trump ?
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Découvrir l'émissionAu final, "on a le sentiment que les objectifs de guerre n'ont pas été planifiés avant l'opération" et que "la sortie de la guerre n'est pas non plus préparée". Une double impréparation qui nourrit une impression de "confusion généralisée".
Et malgré les pertes subies, l'Iran semble encore en mesure de peser sur la suite des événements : affaibli militairement, mais toujours acteur central, il "garde une certaine maîtrise de l'agenda et du tempo".
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