2 min de lecture

"Nous sommes au pays des bisounours" : Olivier Dauvers explique pourquoi un blocage des prix du carburant serait intenable

Alors que le prix du carburant flambe sur fond de tensions au Moyen-Orient, Xavier Bertrand a proposé de plafonner les tarifs à la pompe. Une mesure jugée irréaliste par Olivier Dauvers, qui rappelle la volatilité du marché pétrolier et les limites d’une intervention politique sur les prix.

Une personne remplit sa voiture de carburant dans une station-service (photo d'illustration).

Crédit : Elodie CLEMENT / AFP

Les prix des carburants plafonnés : pourquoi il ne faut pas y croire

00:03:40

Les prix des carburants plafonnés : pourquoi il ne faut pas y croire

00:03:40

Olivier Dauvers - édité par Alexian Giron

Je m'abonne à la newsletter « Économie »

Depuis le début de la guerre en Iran, le prix du carburant s'est envolé en France, passant dans certaines stations la barre des deux euros le litre. Invité de RTL ce jeudi 12 mars 2026, le président LR de la Région Hauts-de-France Xavier Bertrand estime qu'il "faut plafonner les prix et pour ça il faut plafonner les marges de ceux qui ont profité de la situation, les pétroliers"

Nous sommes au pays des bisounours. Selon Xavier Bertrand, on pourrait bloquer le prix de vente d'un produit payé par le consommateur à la pompe alors que le prix de la matière première varie tous les jours. Il va falloir expliquer aux Français comment cela peut être possible. C'est un choix politique. Nous n'avons pas de prise sur le cours du pétrole au jour le jour. 

Admettons que dans un futur proche le prix du pétrole arrive 150 ou 200 dollars au lieu de 100 dollars. De ce fait, un prix bloqué à deux euros est juste intenable. Parce qu'il n'y aura plus personne pour raffiner. Ils ne gagneront pas d'argent, ils en perdront. Ainsi, il n'y aura plus personne pour distribuer du carburant. 

La hausse des prix prend l'ascenseur et la baisse prend l'escalier

Il y a quatre ans, au moment de la crise en Ukraine, le cours du blé s'était envolé. La France Insoumise proposait alors de bloquer le prix des pâtes et du pain. Sauf qu'une matière première volatile induit par principe, en fin de chaîne, un prix volatile pour le consommateur. Il ne faut pas rêver. 

Au sujet du pétrole, l'automobiliste entend désormais poindre l'idée qu'il serait possible de maîtriser le prix du carburant. Non, sur un produit dont la matière première est volatile avec un cours qui bouge tous les jours, c'est impossible. 

Après, évidemment qu'il y a des abus. La hausse des prix a été bien plus rapide que nécessaire. Parce que les raffineurs ont considéré que les carburants qu'ils avaient dans leur stock avaient déjà la valeur future que laissait à penser le cours du carburant. En réalité, la hausse des prix prend l'ascenseur et la baisse prend l'escalier. 

Mais la concurrence fera le reste. Si une enseigne est capable de prouver qu'une autre enseigne n'a pas baissé ses prix alors son image va être dégradée. La concurrence est souvent plus puissante pour faire baisser les prix qu'un politique qui souhaiterait bloquer les prix sans être capable de bloquer le cours du pétrole. 

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info