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Un terminal de paiement par carte à une pompe à essence de Fleurance dans le Gers, le 6 mars 2026.
Crédit : Isabelle Souriment / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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Les automobilistes vont-ils payer moins cher leur carburant à la pompe ? Bercy a convoqué une réunion, ce jeudi 12 mars, avec les distributeurs de carburants pour alléger la facture des Français. Cet échange de moins d'une heure entre gouvernement et vendeurs d'essence et de gazole n'a abouti à "aucune décision".
"On a évoqué différents dossiers, différentes possibilités, mais en sortie de réunion, aucune décision n'a été prise sur un encadrement quel qu'il soit du prix", a déclaré Francis Pousse, président du syndicat professionnel Mobilians, qui représente 5.800 stations-service indépendantes sur environ 10.000 stations-service au total en France.
L'entourage du Premier ministre Sébastien Lecornu avait évoqué, mercredi, la possibilité de procéder à un "plafonnement des marges" ou d'avoir recours à des mécanismes permettant de "lisser les hausses et les baisses" des prix des carburants. "C'est le rôle des ministres de nous engager à modérer nos marges qui sont déjà faibles, donc c'est ce qu'on va continuer à faire", a estimé Francis Pousse, invitant à surveiller "la tendance que prendront les cours des produits pétroliers".
Dans un communiqué publié après la réunion, le gouvernement a pourtant affirmé avoir obtenu un "engagement" des distributeurs quant à une baisse significative des prix. "Les ministres Roland Lescure, Serge Papin et Maud Bregeon ont demandé aux distributeurs de se mobiliser pour que les prix à la pompe reflètent, dans un délai rapide, les baisses des cours mondiaux", est-il écrit. Selon cette même source, les distributeurs ont fait part de "propositions concrètes" : "Des plafonnements de prix pour certains et des baisses significatives allant de 10 à 30 centimes par litre pour les autres."
Plusieurs distributeurs avaient en effet répondu aux appels du pied de Bercy avant la réunion. À commencer par le géant TotalEnergies qui a annoncé le maintien de son plafonnement du prix de l'essence à 1,99 euro le litre dans ses stations-service, et le relèvement du plafond à 2,09 euros le litre pour le gazole. "L'ensemble de ces mesures s'appliquera à compter du 13 mars dans toutes les stations TotalEnergies du territoire métropolitain, y compris sur les autoroutes et dans les zones rurales", ajoute l'entreprise, qui "réévaluera la situation (...) début avril".
Les engagements des distributeurs dépendent toutefois de l’évolution du marché. Mercredi, le PDG de Coopérative U Dominique Schelcher, qui a assuré que les prix à la pompe allaient baisser, s'est ainsi dit "tributaire" des variations des cours des produits raffinés, quand la "marge de distribution (...) n'a jamais été aussi faible que dans la période".
Pour plafonner les prix du carburant à la pompe, la différence entre le tarif payé par les automobilistes et le prix du marché doit en effet être prise en charge, soit par les entreprises pétrolières ou les distributeurs, soit par l’État via des aides ou une baisse de taxes. Or, plus les prix du pétrole restent élevés, plus le dispositif devient coûteux pour les entreprises ou les finances publiques.
Prix du carburant : le plafonnement des prix ne fait pas l'unanimité chez les distributeurs
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La mesure est d'ores et déjà jugée inapplicable par les petites stations. " Si on décidait une régulation arbitraire, d'un taux de marge ou d'un taux de centimes de marge, ça signerait tout de suite la mort des stations rurales qui font de faibles volumes et ont besoin d'une marge plus importante", a fait savoir Francis Pousse sur RTL.
Concernant les centres E.Leclerc, Michel-Edouard Leclerc avait lui anticipé "à peu près 30 centimes de baisse par litre" de carburant à la pompe d'ici à vendredi, tout en prévenant que les prix allaient encore "faire du yoyo". Le patron prédit que cette baisse sera du même ordre chez ses concurrents Système U, Intermarché et Carrefour.
"Je ne connais pas la recette magique de Michel-Edouard Leclerc pour faire 30 centimes (...). On verra samedi ou dimanche si effectivement on a bien des baisses de 30 centimes. En tout cas, nous, on est soumis à l'économie de marché", a néanmoins réagi Francis Pousse. "Eu égard à nos faibles marges, on ne peut pas se battre avec M. Leclerc sur une baisse de 30 centimes", a-t-il conclu, craignant pour les stations, notamment rurales, qu'il représente. Le lissage des prix, "il faut savoir le faire et savoir le faire très rapidement, (...) ce n'est pas facile (...) parce que les marchés réagissent d'un jour à l'autre", a souligné sur TF1 Frédéric Plan, conseiller national de la Fédération Française des Combustibles, Carburants et Chauffage (FF3C).
La réunion s'est tenue sur fond de nouvelle remontée des cours du pétrole : après avoir chuté mardi, en réaction aux déclarations de Donald Trump affirmant que la guerre en Iran était "quasiment" finie, le prix du baril a de nouveau approché jeudi le seuil symbolique de 100 dollars, toujours affecté par la fermeture du détroit d'Ormuz, axe névralgique pour le transport d'hydrocarbures. Et ce, malgré l'annonce du déblocage d'ampleur "historique" de stocks stratégiques d'or noir par l'Agence internationale de l'Énergie (AIE).
Vers 15 heures, ce jeudi, le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, bondissait de près de 6,5% à 99,70 dollars. Côté prix à la pompe, le litre de SP95-E10 coûtait jeudi 1,871 euro/l en moyenne selon un calcul réalisé par l'AFP à partir des données communiquées au gouvernement par 7.524 stations-service. Le SP98 coûtait 1,964 euro/l en moyenne sur 8.053 stations, et le diesel 2,032 euros/l en moyenne sur 9.535 stations.
De quoi apporter de l'eau au moulin du Haut conseil pour le climat (HCC), qui a réclamé jeudi au gouvernement une "feuille de route précise de sortie des énergies fossiles" en France. "On revient dans une période de flambée du prix du gaz, de hausse du prix du pétrole", a souligné son président Jean-François Soussana, pour qui "il faut évidemment éviter de renforcer les subventions aux énergies fossiles" et au contraire "les réduire".
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