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Les étudiants doivent-ils payer plus cher les frais d'inscription ? "L'obsession de la gratuité est en train de tuer nos universités", fustige François Lenglet

Selon François Lenglet, le faible niveau des frais d'inscription à l'université en France est devenu un tabou, alors même que la situation financière des établissements se dégrade.

Des étudiants de l'Université de Nanterre devant leur ordinateur (Illustration).

Crédit : AFP / Archives, CRÉDITMARC WATTRELOT

La quasi gratuité des frais d'entrée entraîne l'université française vers le bas

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La quasi gratuité des frais d'entrée entraîne l'université française vers le bas

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François Lenglet - édité par Alexian Giron

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Un sujet pas facile à porter. Un tabou dont personne ne parle. Ce sujet est pourtant clé pour l'avenir de l'université. En France, les étudiants ne paient pas assez cher leur formation. Dit comme ça, cela peut paraître complètement inaudible. Aujourd'hui, les premières années, celle de la licence, coûtent à l'étudiant 178 euros par an, et 118 euros en tarif réduit. 

Pour ce prix-là, les étudiants ont également une couverture maladie gratuite, celle de la Sécurité sociale. Dit autrement, pour le prix d'un smartphone, ils ont cinq ans d'études à l'université et cinq ans de Sécurité sociale. C'est impensable ! Pour comparer, dans les années 80, les étudiants payaient 670 francs, avec la couverture maladie comprise. Converti en euros d'aujourd'hui, et selon les calculs de l'Insee, cela représente 337 euros, à cause de l'inflation. En 45 ans, le tarif réel de l'université a donc été divisé par deux. 

Des droits d'inscription jugés trop faibles

Comment avoir des universités de qualité, si elles sont quasiment gratuites ? Comment mieux payer les professeurs ? Et à l'étranger, le prix des universités est souvent plus élevé. À Berlin, cela est compris entre 800 et 1.000 euros par an. À Pékin, 4.000 euros annuels. À Londres, il faut débourser au minimum 15.000 euros. Enfin, à Stanford, en Californie, il faut débourser 60.000 euros par an, auxquels il faut ajouter 20.000 pour le logement et les repas. Rien de tel que la France. 

À combien faudrait-il mettre ces frais d'inscription ? Le rapport Fournel-Roussel, présenté en juin 2026 avec un constat alarmant sur la situation financière des universités, présentait plusieurs scénarios, dont un à 900 euros par an. Cela permettrait de monter la contribution des droits à 10% du coût de l'université, contre seulement 3% aujourd'hui. Et on récupèrerait 1,5 milliard d'euros. 

Hausse des frais et redistribution par les bourses

Il faudrait évidemment redistribuer une part importante de l'augmentation aux étudiants eux-mêmes, sous la forme de bourses d'études, pour ceux qui en ont besoin. Tandis que l'université est paupérisée, il n'est pas normal que les enfants de bourgeois ne payent que 178 euros. 

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Pourquoi cela ne se fait pas ? Les syndicats d'étudiants et même de profs sont arc-boutés sur la gratuité, au nom d'une prétendue égalité des chances désastreuse, parce qu'elle tire tout le système vers le bas et débouche sur un taux d'échec de près de 50% en fin de première année. 

Même lorsque le gouvernement avait prévu d'augmenter les droits des étudiants étrangers, hors Europe, ce que font tous les autres pays, il y avait eu une grève, alors qu'à l'évidence, les familles d'étudiants étrangers ne payent pas leurs impôts en France. L'aveuglement égalitaire et l'obsession de la gratuité sont en train de tuer nos universités. 

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