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Pourquoi Anthropic, géant mondial de l'IA, veut-il se faire coter en Bourse ? "L'entreprise espère récupérer 100 milliards de dollars", analyse François Lenglet

Anthropic, l'un des géants mondiaux de l'intelligence artificielle, s'apprête à entrer en Bourse aux États-Unis pour lever près de 100 milliards de dollars.

Anthropic, entreprise américaine d'intelligence artificielle (image d'illustration)

Crédit : SEBASTIEN BOZON / AFP

Anthropic en bourse : les chiffres fous de la bulle de la tech

00:03:33

Anthropic en bourse : les chiffres fous de la bulle de la tech

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François Lenglet - édité par Alexian Giron

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Anthropic est l'un des géants mondiaux de l'intelligence artificielle. L'entreprise américaine, fabrique et vend le modèle Claude, qui est l'une des IA les plus utilisées au monde. La société va se faire coter en Bourse aux États-Unis, sans doute dans les prochains jours. Elle pourrait valoir jusqu'à 2.000 milliards de dollars, ce qui en ferait l'une des plus grosses valeurs boursières du monde, du même ordre que SpaceX, la société d'Elon Musk. 

Quel est l'intérêt d'entrer en Bourse ? L'entreprise cède une partie de son capital, pour obtenir de l'argent. Elle se tourne donc vers les épargnants, petits ou gros, pour leur vendre des actions, qui ouvriront le droit à recevoir une partie des profits de l'entreprise. C'est pour cela que les actionnaires achèteront. Ils espèrent profiter un peu du boom de l'IA et des profits espérés. Anthropic espère récupérer près de 100 milliards de dollars. 

Qu'est-ce qu'elle va faire de cet argent ? Investir. Principalement acheter des ordinateurs et des puces électroniques, afin de disposer de la puissance de calcul qu'elle juge nécessaire pour faire tourner ses systèmes d'IA. Anthropic s'est engagé à dépenser 800 milliards de dollars dans les années qui viennent. Le chiffre donne le vertige. 

Une compétition mondiale à coups de milliards

Toutes les entreprises de la tech mondiales, et américaines en particulier, se sont lancées dans une compétition à l'argent, pour obtenir les moyens financiers d'acheter ces équipements informatiques. Google, déjà en Bourse, veut faire une augmentation de capital de 85 milliards de dollars, Meta, la maison-mère de Facebook, vise 95 milliards, OpenAI, qui exploite ChatGPT, veut aussi se faire coter pour lever de l'argent. C'est la ruée. 

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Tout cela pour acheter des centres de données, c'est-à-dire des ordinateurs, des puces et des logiciels. Au total, selon les calculs de l'économiste Patrick Artus, les investissements dans l'IA ont atteint 1.000 milliards de dollars sur la seule année 2026 en Amérique. Et le montant attendu entre 2025 et 2030 est évalué à 8.500 milliards, cela fait plus de deux ans de production économique de la France, tous secteurs confondus. Cela représente un peu plus de 3% du PIB des États-Unis. C'est dingue. 

Le précédent des grandes bulles

A-t-on jamais dépensé autant pour une nouvelle technologie ? C'est plus de deux fois plus que ce qui avait été décaissé lors du boom de l'internet, il y a 25 ans, toujours selon Patrick Artus. La seule folie comparable est celle des investissements ferroviaires, à la fin du 19ème siècle, qui avaient également mobilisé 3% du PIB de l'époque. 

Avec quand même quelques faillites retentissantes, le célèbre emprunt russe destiné à financer le transsibérien, qui a ruiné bon nombre d'épargnants français. Même si l’IA réussit à percer autant que le rail l’a fait, il y a très probablement des emprunts russes dans la folie d’investissement actuelle.

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