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Dix ans après le Brexit, le "Breturn" ? "Le PIB est inférieur de 6 à 8% par rapport à ce qu'il aurait été dans l'Union", analyse François Lenglet

Dix ans après le vote du Brexit, le Royaume-Uni amorce un rapprochement avec l'Europe. Dans son analyse, François Lenglet décrypte le "Breturn", ce possible retour britannique motivé par les limites économiques du Brexit et la question migratoire.

Une citoyenne Britannique pendant le Brexit. (Illustration)

Crédit : Niklas HALLE'N / AFP

Après le "Brexit", le "Breturn"

00:03:13

Après le "Brexit", le "Breturn"

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François Lenglet - édité par Alexian Giron

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Dix ans que le Brexit a été voté par référendum, en juin 2016. À l'époque, sous un gouvernement conservateur. Aujourd'hui, tandis que la majorité est désormais à gauche, un nouveau mot apparaît : le "Breturn", signifiant British return. L'interview du 25 octobre 2026 d'Andy Burnham, le Premier ministre, donnée au Sunday Times, confirme ce sacré changement de cap pour le Royaume-Uni : un rapprochement à venir avec l'Europe. 

Le Brexit a-t-il été un échec ? Une déception. Il a été conduit par une bande d'incapables, cyniques, le Premier ministre Boris Johnson au premier chef. Selon certains calculs, le PIB britannique serait aujourd'hui inférieur de 6 à 8% par rapport à ce qu'il aurait été dans l'Union. C'est peu vraisemblable, et la crise énergétique est également passée par là. 

Le fait est que cela a compliqué la vie des entreprises britanniques exportatrices en Europe, les petites en particulier, à cause des formalités douanières et administratives. L'Europe accueille toujours peu ou prou 40% des exportations britanniques, comme avant. Quant à la stratégie de "Singapour sur Tamise", l'idée de faire de l'île le réceptacle des investissements américains et asiatiques, a échoué. La City s'est quant à elle maintenue plutôt bien. Reste la sécurité sociale, le fameux NHS, censé bénéficier de l'argent qui partait auparavant à Bruxelles, est toujours aussi mal en point. Avec des listes d'attentes pour les opérations médicales qui peuvent atteindre plusieurs années. 

Pourquoi Londres regarde de nouveau vers l'Europe

Si le Brexit n'a rien changé, pourquoi revenir en arrière ? À cause des questions d'immigration, explique Andy Burnham. Avant le Brexit, il y avait une immigration européenne importante, qui s'est tarie, au profit d'une immigration extra-européenne, plus difficile à intégrer. L'idée serait donc de créer un accord de libre circulation entre le Royaume-Uni et l'Europe, pour simplifier les passages de frontières, voire de retrouver le marché unique. Mais en s'excluant de bon nombre de politiques communes et des accords de Schengen, qui réglementent aussi les frontières extérieures.

Le Royaume-Uni ne serait donc pas vraiment dans l'Europe ? Il y a des degrés concernant l'appartenance à l'Europe. Le Danemark par exemple, qui appartient à l'Europe, n'est ni membre de Schengen ni membre de l'euro. La Suisse n'est pas dans l'Europe mais participe pourtant au marché unique. On va trouver un compromis de ce genre. 

Lorsqu'on avait demandé au député Jean-Louis Bourlanges, président de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, ce qu'allait changer le Brexit, il avait répondu : "Avant le Brexit, les Anglais avaient un pied en Europe, et l'autre en dehors. Après le Brexit, ce sera l'inverse". On en est toujours là.

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