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Est-ce la fin de l'âge d'or des plateformes de streaming ? "Netflix retrouve la gravité terrestre", décrypte François Lenglet

Netflix traverse une zone de fortes turbulences : licenciements massifs, chute en Bourse, ralentissement des abonnements et concurrence accrue de YouTube ou TikTok. Le géant du streaming cherche désormais un nouveau souffle, entre changement de stratégie et investissements colossaux dans les contenus.

Le logo Netflix (image d'illustration).

Crédit : OLIVIER DOULIERY / AFP

L'âge d'or des plateformes de streaming est déjà derrière elles

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L'âge d'or des plateformes de streaming est déjà derrière elles

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François Lenglet - édité par Alexian Giron

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Le 14 octobre 2026, à huit heures du matin, mille salariés, soit 6% du personnel de Netflix (numéro 1 mondial du streaming), ont reçu un e-mail de licenciement. À 14 heures, ils étaient déconnectés du réseau de l'entreprise. En fin d'après-midi ce même jour, Bela Bajaria, la patronne des contenus de Netflix, qui avait supervisé le plan social, était elle-même virée avec effet immédiat. Cela donne une idée du climat qui règne au sein du site de streaming.

C'est l'alerte générale. Car Netflix avait habitué ses actionnaires à des progressions fabuleuses, en particulier depuis le confinement. C'est fini, elle retrouve la gravité terrestre. En 2026, il n'y a pas eu un mois où l'entreprise californienne a réussi à faire augmenter son nombre d'abonnés, selon le cabinet Antenna Analytics, cité par le Wall Street Journal. Et la durée quotidienne de visionnage serait en légère baisse. Conséquence, Netflix a perdu presque la moitié de sa valeur en bourse depuis un an, avec une sale journée hier (le 21 octobre 2026), à - 5%.

Comment expliquer ce désamour ? D'abord la concurrence, celle de YouTube et TikTok en particulier, qui dévorent le temps passé devant un écran. Aux États-Unis, YouTube a quasiment doublé sa part de marché sur la durée de visionnage, passant de 8 à 14% (rien que depuis 2024). Et Netflix a manqué de hits. Ces séries au succès planétaire que sont Squid Games ou Stranger Things, sont par exemple terminées. Le contenu de Netflix plaît moins, il s'est banalisé.

Le pari des contenus et le changement de stratégie

Comment comptent-ils redresser la barre ? En achetant du contenu, des émissions de télévision, comme ce qui a été fait en France avec un accord avec TF1. Mais également en signant avec les stars de YouTube, par exemple avec le podcast Hot Ones, une interview pendant laquelle l'invité mange des ailes de poulet de plus en plus piquantes. Plus de 15 millions d'abonnés, des milliards de vues. 

Netflix va aussi produire et investir 20 milliards de dollars annuels dans les contenus, avec un nouveau patron venu de chez Disney. Et le géant américain réfléchit au marketing. Faut-il toujours publier tous les épisodes d'une série au même moment, comme le fait Netflix, ou au contraire les échelonner avec un ou deux par semaine comme font les autres ? Netflix a aussi changé de stratégie pour la diffusion de ses films phares. Désormais, priorité à l'exploitation en salle, avant le streaming. 

Les autres plateformes aussi sous pression

Les autres plateformes connaissent-elles aussi ces problèmes ? Oui, Disney, Warner Bros Discovery et Paramount voient leur part de marché chuter, selon le Wall Street Journal. 

Et au milieu de ceux-là, Netflix détient encore deux avantages. Le nombre d'abonnés le plus élevé, 325 millions dans le monde. Et le plus faible taux de désabonnement, estimé à 2% par an.

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