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Les banques traditionnelles s'avèrent bien moins compétitives que celles en ligne.
Crédit : Nicolas Guyonnet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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Les tarifs bancaires ont augmenté de 2,7% entre février 2025 et février 2026, après une hausse de 3,1% l'année précédente. Ce chiffre est trois fois plus élevé que l'inflation. Si on compare sur 10 ans, il reste légèrement en dessous de la hausse des prix, mais les banques se rattrapent bien depuis la crise Covid.
Avec cette tendance, nous entrons dans le syndrome du timbre-poste : lorsqu'on veut que les gens envoient des mails plutôt que des lettres, on augmente le prix du timbre. Même son de cloche côté bancaire, où lorsqu'on veut que les clients utilisent davantage leurs téléphones plutôt que leurs agences, on augmente progressivement les frais bancaires.
Ces frais vous coûtent en moyenne 192 euros par an dans une agence traditionnelle si on prend les estimations de Panorabanque, alors que dans une banque en ligne, ils sont compris entre 0 et 60 euros la plupart du temps.
La stratégie est payante : 55% des ouvertures de comptes en France en 2025 ont été réalisées dans les banques en ligne, selon le cabinet Bain. Ces structures en ligne appartiennent souvent aux banques traditionnelles, comme Boursobank (Société Générale), Hello Bank (BNP Paribas) ou encore BForBank (Crédit Agricole).
En fait, les banques sont réalistes. Les gens veulent des agences et des conseillers, mais un tiers des Français n'a pas mis les pieds chez son banquier en 2024 et 1 Français sur 4 y est allé une fois.
La banque en ligne est ouverte 24h/24. On ne paie pas de conseillers au guichet et on ne refait pas la peinture des locaux. Ce sont des coûts fixes en moins. Avec les banques en ligne, les frais sont gratuits car le client fait le travail du conseiller.
Dans les faits, la hausse des frais bancaires finance la fermeture des agences. Depuis 25 ans, 13.000 antennes présentes dans l'Hexagone - 1 agence sur 4 - ont fermé, 5.000 distributeurs de billets - 1 distributeur sur 6 entre 2018 et 2025 - ont été retirés, et 1 emploi sur 10 a disparu depuis l'an 2000.
La tendance se poursuit aujourd'hui, et participe à la désertification de nos centres-villes. Malgré ces fermetures, on ne vit pas non plus dans un désert bancaire.
Il reste 49 agences pour 100.000 habitants chez nous, contre seulement 37 pour l'Espagne, 23 pour l'Allemagne et 4 aux Pays Bas. Tous les Français s'offusquent et tous les politiques s'étranglent à chaque fermeture d'agence, mais une agence bancaire, c'est comme une épicerie ou un bistrot : ça ne vit que s'il y a du passage.
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