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Pourquoi la France a décroché en matière de production de médicaments : "Un déclin largement auto infligé", assure François Lenglet

La pharmacie française décroche. Délais trop longs, prix parmi les plus bas d’Europe, fiscalité lourde : le secteur perd du terrain face à l’Irlande, l’Italie ou l’Espagne, au risque de laisser filer innovation, essais cliniques et production de nouveaux médicaments.

La devanture d'une pharmacie (image d'illustration).

Crédit : Lou Benoist / AFP

Comment la France a décroché en matière de production de médicaments

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Comment la France a décroché en matière de production de médicaments

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François Lenglet - édité par Alexian Giron

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On parle régulièrement de la désindustrialisation française, en l'expliquant par la concurrence chinoise, qui ratisse les producteurs dans tous les domaines à cause de ses prix incroyablement bas. Il ne faut pas oublier que la crise de l'industrie française est parfois largement auto-infligée. Nous sommes fautifs. C'est le cas pour une activité qui était naguère l'un de nos secteurs d'excellence, la pharmacie. Selon l'étude annuelle publiée par le Leem, qui regroupe les fabricants de médicaments en France, révélée par le journal Les Échos, le secteur est en sévère perte d'activité.

Bon nombre d'indicateurs sont au rouge, signalant un décrochage de l'Hexagone par rapport à ses voisins européens comme l'Italie, l'Espagne, l'Allemagne ou la Suisse. Des pays qui n'ont pas les mêmes coûts du travail que la France, et vis-à-vis desquels on ne devrait pas perdre du terrain.

En France, le délai pour qu'un nouveau médicament autorisé par Bruxelles soit disponible et remboursé est le plus long, 520 jours en 2025, contre 443 en 2022. Même la procédure d'homologation accélérée ne fait pas recette, la moitié des traitements qui pouvaient en bénéficier en France ne l'ont même pas sollicité. Car le marché français du médicament, bien que le deuxième du continent en valeur, n'intéresse plus assez les industriels. Tout simplement parce que les prix sont les plus modestes en Europe. Il faut rappeler que ces prix sont définis par la Sécurité sociale. Ils sont les plus bas possible, afin de limiter le coût des remboursements.

Madrid est désormais le leader des essais en Europe

En 2025, pour la première fois, la France n'a été incluse que dans moins de la moitié des essais thérapeutiques de nouveaux produits. Seuls 10% des nouveaux médicaments autorisés en Europe sont produits en France. Nous sommes les champions du Doliprane et des médicaments anciens et peu chers, alors que l'Irlande récupère les nouveaux anti-cancéreux. 

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Les causes du mal sont toujours les mêmes. D'abord, la fiscalité qui atteint 60% sur ce secteur, lorsqu'on additionne tous les prélèvements. Tandis que l'Irlande est à 23%, la Suisse à 14%, et que l'Italie multiplie les incitations fiscales pour les laboratoires. La Botte est devenue le deuxième pays pharmaceutique d'Europe derrière l'Irlande, avec 49 milliards d'euros annuels de production, contre 28 milliards d'euros en France. 

L'autre facteur est la lourdeur des procédures, notamment à cause de la durée d'autorisation. Idem pour les essais. En France, il faut près de 200 jours pour recruter les premiers patients d'un essai clinique. Tandis que l'Espagne a réformé ses hôpitaux pour les rendre plus rapides. Madrid est désormais le leader des essais en Europe. Le déclin de la pharmacie en France, pays de Louis Pasteur, est largement auto infligé. 

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