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Enveloppe contenant la déclaration d'impôts envoyée aux contribuables par le ministère de l'Economie et des Finances, le 10 avril 2014 à Lille.
Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
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L'Institut national de la statistique (Insee) a publié une étude passionnante sur les revenus des Français et notre système de redistribution jeudi 16 avril 2026. En 2023 (année étudiée par l’institut), le revenu moyen d’un ménage français, salaires et revenus du patrimoine immobilier et financier confondus, représentait 44.300 euros par ménage.
L'étude révèle de fortes disparités : les ménages de cadres touchent en moyenne 89.000 euros annuels, contre 36.500 pour les ménages employés ou ouvriers.
Ces chiffres varient aussi en fonction du degré d’instruction. Les sans-diplômes touchent 20.000 euros en moyenne, contre 80.000 euros pour les bac +3 et plus. Même son de cloche pour le lieu de résidence : près de 50.000 euros par an et par ménage dans les grandes agglomérations, contre 35.000 dans les villes moyennes et 40 000 en zone rurale.
Il faut toutefois prendre ces estimations avec des pincettes, puisqu'elles interviennent avant la redistribution opérée par l’État. Celle-ci correspond à l’ensemble des impôts qui amputent le revenu des plus riches, des allocations diverses qui complètent le revenu des plus pauvres, des pensions de retraites et des actions de l’État au titre des services publics, l’éducation ou la santé, par exemple.
Cette redistribution réduit considérablement les écarts de revenus. Avant son effet, les 10% les plus pauvres gagnent 28 fois moins que les 10% les plus riches. Après cette mesure, l'écart n’est plus que de 3,5 fois selon l’Insee. C’est donc un mécanisme très puissant qui n'a pas d'équivalent dans le monde. Chaque ménage reçoit en moyenne presque 24.000 euros par an. 56 % d'entre eux reçoivent plus qu’ils ne contribuent avec leurs impôts.
Financé en partie par les impôts, ce système fait face à des limites. La redistribution a davantage progressé que les prélèvements, en raison du vieillissement de la population qui a multiplié le nombre de retraités, mais pas seulement.
Chaque année, il faut donc emprunter pour financer le modèle français. Ce supplément de revenu non financé et obtenu grâce à l’endettement représente 3.500 euros par an pour un foyer de deux parents et un enfant. Cette situation ne pourra évidemment pas durer, et constituera l’un des enjeux de la prochaine présidentielle en 2027.
En principe, on devrait voir s’affronter deux projets très différents. La droite va préconiser de réduire les dépenses et les transferts financiers en faveur des ménages - il y a différentes façons de faire - pour réduire le déficit. À l'inverse, la gauche devrait proposer d’augmenter les impôts sur les plus aisés pour ne réduire ni le périmètre de l’État, ni le montant des transferts. Plus d’impôts ou moins de dépenses, ce sont les électeurs qui choisiront.
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