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Une photographie montre la silhouette de Dubaï avec le Burj Khalifa au centre, le 11 mars 2026.
Crédit : FADEL SENNA / AFP
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Le calvaire ne s'arrête pas pour les petits coins de paradis du Golfe. Ce jeudi 19 mars, vers 18h, on pouvait apercevoir plusieurs panaches de fumée blanche dans le ciel d'Abu Dhabi. L'origine ? Des drones iraniens interceptés par des missiles américains.
Trois semaines après la psychose du début de la guerre, les résidents finissent par s'habituer. Ce jeudi soir, par exemple, une quarantaine de personnes qui pataugeaient dans la piscine d'un hôtel à Abu Dhabi se sont précipitées dehors une fois l'alarme déclenchée. Mais au bout de 15 minutes, l'alerte a été levée et la vie a repris dans un semblant de normalité.
Même constat à Riyad, en Arabie saoudite, où une très forte détonation a été entendue mercredi 18 mars. L'ambassade américaine voisine était visée. Elle a déjà reçu des débris de drones à l'intérieur de l'enceinte, bien que la plupart soient interceptés.
Dans cette ville-monde de Dubaï qui attire touristes, influenceurs et investisseurs étrangers qui ne payent pas d'impôts, les autorités cherchent à montrer que le business suit son cours. Ce n'est pas forcément le cas.
Il y a eu les départs de ceux qui sont arrivés depuis quelques mois seulement. Mais les expatriés, qui représentent 90% de la population dans la cité émiratie, ne comptent pas quitter les lieux. Certes, beaucoup en ont profité pour prendre des vacances pendant les fêtes de l'Aïd en cette fin de Ramadan, mais ils ont fait leur vie à Dubaï.
Les Émirats et sa ville vitrine sont le pays qui a été le plus frappé par l'Iran. Mais au moins 98% des frappes ont été interceptés. Le système de défense américain fonctionne très bien, ce qui rassure la population et amène certains à remettre en cause l'efficacité des frappes iraniennes.
Nous sommes à un tournant de cette guerre, avec les frappes sur les infrastructures énergétiques. Après avoir été visé par Israël contre un important site gazier, l'Iran menace. Aux Émirats, un terminal pétrolier a été endommagé à Fujaïrah, réduisant les exportations de pétrole.
Même l'Arabie saoudite, plutôt épargnée jusqu'ici, craint que l'immense raffinerie de Yanbu sur la mer Rouge soit touchée. C'est la voie alternative au détroit d'Ormuz, bloqué.
De Riyad à Abu Dhabi, mais aussi à Doha au Qatar, on sent monter une pression probablement américaine pour que ces pays entrent dans la guerre contre l'Iran. Un engagement que le monde arabe ne veut pas, de peur d'une escalade encore plus dangereuse. Mais comme de part et d'autre, on se montre déterminés à continuer le conflit, tous les scénarios semblent possibles.
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