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Jusqu'à 3.600 euros de moins : les règles des allocations familiales évoluent au 1er mars, voici ce que vous pourriez perdre tranche par tranche

À partir du 1er mars 2026, l'âge de la majoration des allocations familiales, aujourd'hui établi à 14 ans, va être repoussé à 18 ans. Un changement important qui représente une perte financière conséquente pour certaines familles.

Une famille en train de faire des achats de fournitures scolaires dans un supermarché (image d'illustration).

Crédit : Myriam Tirler / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Chloé Berry

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De grosses pertes à venir pour les familles. À compter de ce dimanche 1er mars, la règle de majoration des allocations familiales est modifiée. À l’heure actuelle, les familles ayant au moins deux enfants à charge percevaient une augmentation automatique de leurs droits dès qu'un des enfants fêtait ses 14 ans. À partir du mois prochain, il faudra patienter jusqu'à sa majorité (18 ans) pour voir le montant des allocations grimper. 

L'âge de la majoration des allocations familiales sera "progressivement" décalé de 14 ans à 18 ans pour les futurs bénéficiaires, "sans changement pour les bénéficiaires actuels", précise le gouvernement dans le PLFSS. Sont concernées par cette évolution les familles dont les enfants sont nés à partir du 1er mars 2012.


Cette mesure, inscrite dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, devrait permettre à l'État de faire plus de 200 millions d'euros d'économies dès 2026, comme on peut le lire dans le texte de loi. Cette majoration ne durerait donc plus que deux ans, contre six aujourd'hui, puisqu'un enfant n'est plus considéré comme "à charge" le jour de ses 20 ans.

Selon les tranches, cette majoration va de 18 à 75 euros par mois. Reculer de 4 ans l'accès à cette somme supplémentaire peut représenter un important manque à gagner pour certaines familles. Pour chiffrer ce que cela représente réellement, RTL.fr a sorti la calculette.

Jusqu'à 3.600 euros de manque à gagner en quatre ans

Pour être éligible aux allocations familiales, il y a certains critères à remplir. Il faut être citoyen européen ou disposer d'un titre de séjour et avoir au moins deux enfants de moins de 20 ans à charge. Ensuite, le montant des allocations dépend de vos ressources. Trois tranches de bénéficiaires sont établies par la Caf.

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Pour deux enfants à charge, une famille de la première tranche touche aujourd'hui 151 euros, selon les tarifs actuellement en vigueur. Ce montant atteint 75 euros pour la tranche 2 et 37 euros pour la dernière tranche. 

Le temps passe, les enfants grandissent et un jour, ils ont 14 ans. Dans certains cas, vous avez le droit à cette fameuse majoration, comme le rappelle le site service-public.fr. Si vous avez 3 enfants à charge, vous recevez une majoration dès que chaque enfant souffle sa 14e bougie. En revanche, si vous n'avez que 2 enfants à charge, vous ne recevez pas de majoration pour l'aîné, mais vous l'avez pour les 14 ans du cadet.

Cette majoration s'additionne alors aux montants cités précédemment : 
- Tranche 1 : + 75 euros
- Tranche 2 : + 37 euros
- Tranche 3 : + 18 euros

Les familles aux revenus les plus bas (tranche 1) vont perdre environ 900 euros par an, soit quelque 3.600 euros en quatre ans. Pour la tranche 2, comptez 445 euros par an, soit 1.770 euros en quatre ans. Pour la tranche 3, les familles bénéficiaires perdent 215 euros par an, soit un peu plus de 850 euros sur quatre ans.

Une mesure contestée

Le gouvernement base cette décision sur une récente étude de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) qui remet en question le seuil fixé à 14 ans. "Le seuil effectif de surcoût se situe plutôt autour de 18 ans", peut-on lire dans le PLFSS. D'autres données, plus anciennes, ne vont pas dans ce sens. Selon l'OCDE, citée dans un rapport de 2015 du Haut Conseil de la famille, le coût d’un enfant bondit de 66% dès ses 14 ans. 

Ce constat a suscité une levée de boucliers, notamment de l’Unsa (Union nationale des syndicats autonomes). Un an avant l'entrée théorique au lycée, un adolescent de 14 ans coûterait logiquement plus cher que dans ses premières années, d'après le syndicat. C'est sans compter sur sa consommation et ses activités qui évoluent, l'équipement numérique ou un abonnement à un réseau de transport qui deviennent indispensables.

Le Haut Conseil de la famille, commission consultative placée sous l'autorité du Premier ministre, a lui-même exprimé ses réticences dans un avis rendu en octobre 2025, allant jusqu'à s'y opposer. "La perte de revenu serait concentrée sur des familles nombreuses, à revenu modeste ou moyen", peut-on lire.

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