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Guerre en Ukraine : faut-il prévoir des pénuries d'engrais ?

La guerre en Ukraine entraine une forte baisse de la production des engrais, servant à produire ce que nous mangeons. Mais cela pourrait aussi permettre d'accélérer la création de cultures plus écologiques.

Des engrais à base de nitrate d'ammonium près de la gare de Saint-Malo en 2001
Des engrais à base de nitrate d'ammonium près de la gare de Saint-Malo en 2001
Crédit : GRÉGOIRE MAISONNEUVE / AFP
Guerre en Ukraine : faut-il prévoir des pénuries d'engrais ?
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Guerre en Ukraine : faut-il prévoir des pénuries d'engrais ?
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Virginie Garin - édité par Thibault Nadal

C'est l'une des conséquences de la guerre en Ukraine et ça va poser un grave problème à nos agriculteurs. Les engrais qui servent à produire ce que nous mangeons dépendent de la Russie et de son gaz. Et il y a urgence à trouver des solutions.

Les agriculteurs sont très inquiets, pas pour les prochains semis de maïs de tournesol qui vont commencer, puisque les stocks sont faits. Mais pour l'automne, quand il faudra semer le blé et pour les récoltes de l'an prochain, il y a des risques de pénurie. Le numéro un mondial des engrais, le norvégien Yara, vient d'annoncer qu'il réduisait sa production dans ses usines françaises, car le prix du gaz est trop élevé. Les cours des engrais ont déjà été multipliés par trois.

Pour nourrir le sol, il faut de l'ammoniac. Et pour le produire, la matière première, c'est le gaz, qu'on extrait du gaz l'ammoniac. 80% des engrais aujourd'hui, c'est du gaz et les cours flambent. Et ces engrais chimiques, en plus ils ont une grosse responsabilité dans le réchauffement du climat, car une fois sur le champs, ils se décomposent et une partie s'en va dans l'atmosphère sous forme de protoxyde d'azote : un gaz 300 fois pire, qui réchauffe 300 fois plus le climat que le CO2 qui sort de nos voitures.

Vers une agriculture plus écologique ?

Il existe un autre engrais, qui lui aussi est sous la menace de pénurie : la potasse, qui vient des mines : 30% de la potasse mondiale vient de Russie et de Biélorussie. Et les autorités russes ont demandé aux fabricants d'arrêter temporairement leurs exportations. 

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Mais tout n'est pas noir. Il y a des solutions pour continuer à nous nourrir et éviter de polluer. 
Il y avait déjà une réflexion justement par rapport au climat et à la hausse des prix du gaz. La future politique agricole européenne a pris en compte cet aspect. Le fumier naturel a de nouveau la cote, comme le crottin ou le lisier. Même si les agriculteurs disent que ce sont des engrais moins efficaces, les rendements sont plus aléatoires. Mais surtout, les cours du fumier sont en train d'augmenter. 

Autre solution, des rotations de cultures nouvelles. Il y a des plantes qui ont la capacité de capter l'azote, donc l'engrais qui est naturellement dans l'air, ça c'est l'avenir. Parmi ces cultures, on retrouve le pois chiche, les lentilles, le soja, etc. Entre deux cultures de blé, vous mettez ces légumineuses, ainsi vous fertilisez vos champs sans le gaz russe. 

La future PAC, elle aidera les paysans à faire ça et ensuite, il faut les vendre ces cultures. Et bien justement, on peut s'en servir pour nourrir le bétail et ça peut remplacer en partie les céréales dont les prix flambent. Donc, pour terminer sur une note positive, ce qui se passe en Ukraine va sans doute accélérer ces cultures plus écologiques... c'est déjà ça.  

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