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En septembre 2026, près d'une voiture neuve sur deux vendue était électrique : comment expliquer la fin de l'ère diesel et la bascule du marché ?

En septembre 2026, près d'une voiture neuve sur deux vendue en France était électrique, sur fond de crise des carburants. Dans le même temps, le diesel s'effondre : ses ventes ont chuté de 62% sur un an, jusqu'à ne plus représenter que 2% du marché automobile français.

Une voiture électrique rechargée à une borne.

Crédit : CHARLY TRIBALLEAU / AFP

L'agonie du Roi Diesel

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Martial You

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Près d'une voiture neuve sur deux vendue en septembre 2026 en France était un véhicule électrique. Le signal est spectaculaire. La crise des carburants accélère un basculement déjà engagé, et la victime la plus visible est aujourd'hui le diesel.

On voit rarement un retournement de marché aussi rapide. Les ventes de véhicules diesel ont chuté de 62% en septembre sur un an, selon la PFA (La Plateforme automobile, ndlr). Cette motorisation ne représente plus que 2% du marché automobile français. Le contraste est saisissant quand on se souvient qu'au début du siècle, le diesel dominait largement les ventes.

La fin d'une exception française

Il y a encore dix ans, trois voitures sur quatre roulaient au gazole. Le diesel incarnait alors une spécialité industrielle française, au point de devenir presque une évidence dans le paysage automobile. Son ascension était née d'une crise pétrolière; c'est une autre crise pétrolière qui lui porte aujourd'hui un coup presque fatal.

Le décollage du diesel remonte aux années 1970. À l'époque, la logique est simple : la France n'a pas de pétrole, et les moteurs diesel consomment 15 à 20% de moins que les voitures essence. Encourager cette technologie permet donc de réduire la facture énergétique du pays tout en préservant le pouvoir d'achat des automobilistes.

Comment le diesel a été imposé

Cette stratégie a d'abord reposé sur la fiscalité. Pendant des décennies, les taxes sur le diesel ont été deux fois moins élevées que sur l'essence, ce qui rendait le gazole beaucoup moins cher à la pompe. Cette réalité a perduré jusqu'à la crise ukrainienne.

Les entreprises ont elles aussi été fortement incitées à acheter des véhicules diesel pour leurs flottes : la TVA y était 100% déductible, et la vignette automobile coûtait moins cher. Ces avantages ont duré jusque dans les années 2010. À cette période, un bonus a même été accordé aux moteurs diesel au motif qu'ils émettaient moins de CO2.

Une réussite industrielle devenue impasse

Le diesel n'a pas seulement été un choix budgétaire ou énergétique. Il a aussi été une réussite industrielle. La France a formé parmi les meilleurs motoristes diesel au monde, avec Peugeot comme figure de proue. En 1976, la marque sort son millionième moteur diesel.

Avant les années 1970, pourtant, cette motorisation souffrait d'une mauvaise image. Elle était associée aux taxis et aux poids lourds. On lui reprochait déjà de polluer et de sentir mauvais. Ce sont précisément ces critiques qui reviennent aujourd'hui au premier plan.

Pourquoi le diesel décroche si vite

Le premier coup est venu de la menace d'exclure progressivement les véhicules diesel des villes et de les interdire à la vente en 2035. Le second choc est lié à la crise pétrolière d'Ormuz. Désormais, le diesel coûte plus cher que l'essence, notamment parce que la France doit en importer un litre sur deux.

Le pays a aussi perdu une grande partie de ses capacités de raffinage. On comptait 25 raffineries en France dans les années 1970. Il n'en reste plus que six en métropole. Dans ces conditions, le diesel apparaît comme une technologie en fin de cycle, rattrapée à la fois par les contraintes économiques, industrielles et environnementales.

Ce basculement raconte cinquante ans d'histoire industrielle française qui s'effacent rapidement. Mais il dit aussi autre chose : il ne faudrait pas désigner comme responsables ceux qui roulent encore au diesel, faute d'alternative, après avoir suivi pendant des décennies les orientations encouragées par tous les gouvernements.

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