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"On va démontrer qu'encore une fois, il ment" : sur RTL, Me Philippe Pressecq espère que la reconstitution révèlera les incohérences des aveux de Cédric Jubillar

Dans le Tarn, la reconstitution judiciaire du meurtre de Delphine Jubillar doit tester la crédibilité des aveux de Cédric Jubillar. Sur RTL, Me Philippe Pressecq estime que son récit ne tient pas face aux incohérences relevées dans le dossier.

Cédric Jubillar

Crédit : AFP

Affaire Jubillar : Me Philippe Pressecq, avocat de la cousine de Delphine Aussaguel, est l'invité de Jérôme Florin

00:05:07

Eléonore Aparicio & Jérôme Florin

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Cédric Jubillar participe vendredi 2 octobre, dans le Tarn, à une reconstitution judiciaire du meurtre de Delphine Aussaguel, organisée au domicile du couple à Cagnac-les-Mines. Cette étape clé de l'instruction doit permettre d'évaluer la crédibilité et la cohérence des déclarations de Jubillar, qui a reconnu avoir tué son épouse en juillet dernier.

Invité sur RTL, Me Philippe Pressecq, avocat de la cousine de Delphine Aussaguel, affiche d'emblée ses réserves sur les conditions de cet exercice et sur la crédibilité du récit livré par Cédric Jubillar. L'avocat juge plus discutable la partie extérieure du scénario de cette reconstitution. "La façon dont Jubillar va embarquer son épouse dans la voiture... la façon dont il va trouver, soi-disant, le tas de fumier dans lequel il va l'ensevelir. Tout ça a été décrit dans un cadre nocturne, en décembre, avec du brouillard", explique-t-il. Et d'ajouter : "je suis un peu surpris qu'on le fasse de jour".

Tout le reste de son discours est une fable

Me Philippe Pressecq

Pour l'avocat, cette étape reste incontournable. "L'enjeu de la reconstitution, c'est que d'abord, il faut toujours reconstituer les faits", explique-t-il. Il rappelle aussi qu'il s'agit du "dernier acte d'une instruction criminelle" et que, "comme les choses ont changé depuis la première audience, il faut effectivement recommencer et reconstituer".

Mais Me Philippe Pressecq dit surtout attendre de cette journée qu'elle mette à l'épreuve les déclarations récentes de Cédric Jubillar. "Il a avoué le meurtre de son épouse. Et il a avoué où est-ce qu'il l'a mise. Mais tout le reste de son discours est une fable, encore une fois", affirme-t-il sur RTL ce jeudi 2 octobre. Plus sévère encore, il ajoute : "C'est-à-dire qu'il nous a menti pendant cinq ans, et maintenant qu'on a l'impression qu'il dit la vérité, le voilà qui continue encore à raconter des bêtises."

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Me Philippe Pressecq insiste sur la violence des faits décrits. "Le fait d'avoir fait disparaître le corps de son épouse, dans un tas de fumier, pour moi, est une horreur absolue", dit-il. Et il tranche : "Ce n'est pas un mari qui tue sa femme par inadvertance."

Des incohérences sur le lieu et le déroulé des faits

Sur le fond, l'avocat estime que les aveux ne collent pas avec plusieurs éléments déjà connus de l'enquête. "Il y a du mensonge partout", lance-t-il. Il conteste notamment la chronologie avancée : "Il y a du mensonge quand il situe le début des faits à 1h30 du matin, alors qu'on sait qu'il y a des choses qui se passent beaucoup plus tôt." Il cite "la déclaration de Louis, son fils" ainsi que "l'heure à laquelle on entend le cri dans la nuit". À ses yeux, "c'est comme si ces déclarations avaient effacé l'ancienne enquête. Alors que non !"

L'un des principaux points de désaccord porte sur la scène de crime elle-même. "Quand il dit qu'il a tué sa femme dans la cuisine, ce n'est pas vrai", assure Me Philippe Pressecq. Il renvoie à d'autres constatations du dossier : "On sait très bien qu'il y a eu une scène de violence extrêmement dure dans le salon, puisque les lunettes se sont cassées en trois morceaux."

Dès lors, la reconstitution doit, selon lui, confronter le récit aux traces matérielles. "Ces déclarations doivent être reconstituées à l'aune des éléments matériels retrouvés", insiste-t-il. Et il résume sa conviction en une formule : "Le problème du mensonge, c'est qu'on n'arrive pas à le reconstituer."

Une famille épuisée par cinq ans de rebondissements

Au-delà de la procédure, Me Philippe Pressecq décrit aussi l'épuisement des proches de Delphine Jubillar. "Ma cliente, clairement, elle n'en peut plus", confie-t-il. "Elle n'en peut plus parce qu'on a toujours l'impression que, ah oui, ça y est, enfin, on va connaître la vérité." Mais, poursuit-il, "on est toujours dans le mensonge, dans le n'importe quoi, dans quelque chose de vraiment atroce pour les victimes".

L'avocat ne dit donc pas attendre une révélation spectaculaire de cette reconstitution. Son objectif est plus limité, mais très clair : "J'en attends qu'on va démontrer qu'encore une fois, il ment."

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