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Des bonbons dans un supermarché. (Illustration)
Crédit : Isabelle Souriment / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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Deux nouvelles taxes pourraient figurer dans le budget présenté ce 1ᵉʳ octobre : l'une viserait les concessionnaires d'autoroutes et les aéroports, l'autre les produits alimentaires contenant du sucre. Sur le papier, l'objectif est clair : trouver de nouvelles recettes sans tailler dans la dépense publique. Mais derrière l'affichage budgétaire, la question est simple : qui paiera vraiment ?
La première mesure concerne les bénéfices des concessionnaires autoroutiers et des aéroports. Cette taxe existe déjà. Elle représente aujourd'hui 4,6% du résultat net de ces entreprises. Le gouvernement envisagerait de la porter à 12,2%. Le rendement attendu est important : 1,4 milliard d'euros en année pleine.
Les sociétés d'autoroutes affichent certes une rentabilité élevée. Mais ce type de bras de fer entre l'État et les concessionnaires se termine souvent devant les tribunaux. Et lorsque l'État est condamné pour ne pas avoir respecté les termes du contrat, la facture finale peut dépasser les gains espérés.
Officiellement, les tarifs des péages sont encadrés. Reste qu'en augmentant fortement la fiscalité sur ces acteurs, l'État capterait une part encore plus importante du prix payé par les automobilistes. L'enjeu est d'autant plus sensible que le carburant est déjà orienté à la hausse.
Autre conséquence possible : un ralentissement de certains investissements, notamment dans le déploiement des bornes de recharge électrique sur le réseau autoroutier. Ces équipements étaient jusqu'ici financés par les sociétés concessionnaires. En alourdissant leur fiscalité, le gouvernement prend donc le risque de freiner une partie de ces projets.
La deuxième piste concerne les aliments contenant du sucre : bonbons, pâtes à tartiner, gâteaux, glaces et d'autres produits du quotidien. Il ne s'agit pas de la taxe soda, déjà en vigueur et qui rapporte environ un milliard d'euros par an. Cette fois, l'exécutif viserait plus largement les produits alimentaires sucrés, avec un objectif de 200 millions d'euros de recettes supplémentaires.
Le sujet est particulièrement sensible dans un contexte d'inflation encore élevée, autour de 3%. Ajouter une taxe sur des produits de consommation courante reviendrait à alourdir un peu plus le panier des ménages.
L'argument sanitaire existe : lutter contre l'obésité et réduire, à terme, le coût des maladies associées, estimé à environ 10 milliards d'euros par an pour la Sécurité sociale. Mais si l'objectif est vraiment la prévention, une autre logique consisterait à rendre le Nutri-Score obligatoire pour permettre aux consommateurs d'acheter en connaissance de cause, plutôt que d'augmenter de quelques centimes le prix d'une tablette de chocolat.
Au fond, ces deux mesures racontent la même méthode budgétaire : quand les économies sont politiquement difficiles à assumer, la tentation est grande d'ajouter de nouvelles taxes, au risque de les voir, au bout de la chaîne, payées par les Français.
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