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Lors d'un entretien au JT de 20 heures, Emmanuel Macron s'exprime sur la crise des carburants et la menace russe le 24 septembre 2026.
Crédit : Ludovic MARIN / AFP
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Face à la hausse des prix à la pompe, le gouvernement affiche une ligne de prudence : agir d'abord sur les prix, et ne pas fermer totalement la porte à une baisse des taxes si la situation devait encore se dégrader. La formule est assumée : "Notre intérêt, c'est plutôt de baisser les prix avant de baisser les taxes." Et si les tarifs continuaient à grimper, "aucune piste n'est terminée", "le gouvernement met tout sur la table" et "il ne faut rien exclure", affirmé Emmanuel Macron sur TF1 et France 2 le 24 septembre 2026.
Politiquement, cette ouverture complique pourtant immédiatement le débat. Elle intervient au moment où l'exécutif doit défendre un budget jugé difficile devant une Assemblée fragmentée, dans un climat déjà tendu par la campagne présidentielle qui s'installe. Emmanuel Macron a apporté son soutien à Sébastien Lecornu sur cette ligne, avec l'idée de tenir un cap de responsabilité budgétaire.
Mais en laissant planer l'hypothèse d'une baisse des taxes sur les carburants, le pouvoir installe aussi un sujet explosif dans la discussion budgétaire. Car la mesure serait coûteuse et pourrait fragiliser l'équilibre d'ensemble d'un budget présenté comme solide.
Le chiffrage avancé est clair : une baisse de 20 centimes pendant un mois représenterait un milliard d'euros. À cela s'ajoute un contexte économique déjà fortement dégradé. Depuis le début de l'intervention américaine en Iran, la croissance française a été revue à la baisse, passant de 0,9% à 0,4%, selon les dernières prévisions de l'Insee et de la Banque de France.
Concrètement, cela représente déjà 15 milliards d'euros de PIB perdus à cause de la crise. Ce coût correspond à l'impact sur la consommation, sur l'investissement des entreprises et, plus largement, sur tout ce qui produit de la richesse dans le pays. En ajoutant les aides sur les carburants débloquées depuis mars par le gouvernement, soit environ 2 milliards d'euros, la facture atteint déjà 17 milliards.
Dans ces conditions, ajouter un milliard d'euros par mois pour financer une baisse des taxes reviendrait à creuser encore davantage les comptes publics. C'est, ici, "le pire des scénarios".
Surtout, la mesure ne garantirait pas un vrai soulagement pour les automobilistes. Les chiffres avancés montrent à quel point la hausse des prix peut absorber très vite l'effet d'un geste fiscal. Le 25 août, le litre de gazole s'établissait en moyenne à 2,24 euros. Un mois plus tard, il atteignait 2,39 euros, soit 15 centimes de plus.
Autrement dit, une baisse de taxes de 20 centimes pourrait être presque entièrement effacée en quelques semaines par la remontée des cours. Le résultat serait doublement perdant : un milliard d'euros de recettes fiscales en moins pour l'État, et un bénéfice très faible, voire nul, pour le pouvoir d'achat à la pompe.
Le constat est sévère : "Gain de pouvoir d'achat, zéro. Gain politique, zéro." En clair, la baisse des taxes sur les carburants apparaît ici moins comme une réponse durable à l'angoisse des automobilistes que comme une mesure au très mauvais timing économique.
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