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Embauches dans les PME : les nouvelles mesures de Valls vont dans le bon sens

REPLAY / ÉDITO - La série de mesures annoncée par Matignon pour favoriser l'emploi est un vrai dispositif pour relancer le marché du travail. Elle permettra d'alléger les contraintes et les incertitudes dont se plaignent les PME.

François Lenglet
François Lenglet
Crédit : Damien Rigondeaud
Embauches dans les PME : les nouvelles mesures de Valls vont dans le bon sens
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François Lenglet

Le plan dévoilé par Manuel Valls est est un vrai dispositif. Il y a de quoi alléger les contraintes dont de plaignent les patrons de PME. Parmi la volée de mesures, il y en a trois qu'il faut retenir. D'abord, une aide à la création du premier emploi, sous la forme d'une prime de 2.000 euros par an. Ce n'est pas une idée nouvelle, mais ça marche.

Ensuite, la simplification des fameux seuils sociaux. Un seuil social, c'est lorsqu'une entreprise passe par exemple de 9 à 10 salariés. Elle se voit frappée d'obligations nouvelles et bien souvent coûteuses. Les seuils de 9, 10 et 11 salariés sont regroupés. Ça, c'est très utile.

Enfin, il y a le plafonnement des indemnités qu'un salarié licencié peut obtenir aux prud'hommes. Aujourd'hui, les prud'hommes sont imprévisibles. Tout dépend des régions et de l'humeur des juges. C'est du n'importe quoi. Cela terrifie les petits patrons qui, du coup, rechignent à embaucher. Cela fait bien longtemps qu'on n'avait pas pris ainsi des mesures de bon sens.

Une bizzarerie

Les mesures de flexibilité sont rares en France. Il y a eu la création du CDD (c'était Raymond Barre, en 1979), la suppression de l'autorisation administrative de licenciement (en 1987, par Philippe Séguin), la création de la rupture à l'amiable entre salarié et patron (c'était Sarkozy et Fillon). Voilà la réforme des prud'hommes, de Valls et Macron, qui fera date.

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Il y a quand même une bizarrerie dans ce plan. On plafonne les indemnités de licenciement, mais de façon variable, en fonction de la taille de l'entreprise. Cela veut dire qu'on recrée un seuil social, alors qu'on en supprime d'autres par ailleurs. Sur ce point, c'est un peu les Shadoks font de la simplification.

Ce n'est pas en soi créateur d'emploi, mais cela aidera à en créer davantage quand la croissance forte sera de retour. La seule chose qui incite un patron à créer des emplois, c'est de voir son carnet de commandes se remplir. Ce plan peut lever un certain nombre de freins psychologiques à la création d'emplois, en diminuant les risques pour l'entreprise.

Le niveau d'incertitude des PME abaissé

Sur le marché du travail, chacun (entreprise ou salarié, patron ou syndicat) essaye de refiler à l'autre le risque et l'incertitude. Les syndicats voudraient des contrats de travail inaltérables, une sorte de super-CDI avec des garanties. Les patrons voudraient la souplesse maximale, aucun engagement de durée. Chacun voudrait que l'autre assume l'intégralité du risque, et c'est normal. L'État est là pour faire le partage de l'incertitude, avec des règles.

Le problème français, c'est qu'on a demandé à l'entreprise de plus en plus. On a chargé sa mule d'obligations nouvelles, en lui demandant d'assumer le délire des juridictions prud’homales. Du coup, la PME refacture en quelque sorte l'incertitude qu'elle subit, en ne créant pas d'emploi, parce que c'est trop risqué pour elle. Elle refacture ce risque au chômeur, qui ne trouve pas à se recaser.

Tout le pari de Valls et de Macron, c'est qu'en abaissant un peu le niveau d'incertitude pour l'entreprise, elle sera plus encline à créer des emplois.

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