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ÉDITO - Le groupe français Fnac Darty bientôt sous pavillon chinois avec l'entrée de JD.com à son capital ? "Bercy s’inquiète", prévient François Lenglet

Le groupe chinois JD.com est en cours de finalisation du rachat, pour quelque 2,2 milliards d'euros, du distributeur allemand Ceconomy, deuxième actionnaire de Fnac Darty avec 22% de son capital.

Construction du siège social de FNAC DARTY à Paris, France, le 10 mai 2024.

Crédit : Daniel Dorko / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

La Fnac et Darty sous menace chinoise

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François Lenglet

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Il ne s’agit pas encore de prise de contrôle, mais d’une entrée au capital. Le groupe chinois JD.com va sans doute devenir le deuxième actionnaire de Fnac Darty, avec 22%, derrière l’homme d’affaires tchèque, Daniel Kretinsky.

Issu de la fusion il y a dix ans de deux marques légendaires, créées toutes deux dans les années 1950 avec la naissance de la société de consommation, Fnac Darty représente aujourd’hui 1.500 magasins dans 12 pays, 30.000 salariés dont 18.000 en France, et quelque 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
 
Mais qui se cache derrière JD.com ? Un géant chinois du commerce, avec une plate-forme de vente à distance et environ 20.000 magasins. Il cherche à se diversifier en Europe, en développant une plate-forme chez nous, et en rachetant des entreprises, comme le groupe de distribution allemand, Ceconomy, lequel est actionnaire de Fnac Darty.

Créé il y a trente ans à peine, JD.com a débuté dans la vente de produits électroniques et réalise désormais la bagatelle de150 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Bercy craint pour ses intérêts

L’entrée au capital de Fnac Darty peut évidemment apporter des choses positives, par exemple le savoir-faire en matière de livraison ultra-rapide, la maîtrise d'une nouvelle tendance dans la vente à distance, et en matière de e-commerce de façon plus générale. Le e-commerce ne représente aujourd’hui que 20% des ventes du groupe français, mais c’est là que se fait la croissance.

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Mais il y a aussi des risques, et Bercy s’inquiète. D’abord, leg gouvernement craint que le Chinois ne puisse peser sur l’offre en matière de biens culturels, les livres notamment. Ensuite, qu’il ne favorise les biens électroniques et électro-ménagers chinois, au détriment des Français comme SEB, qui fabrique pourtant en partie en Chine.

Du coup, Bercy a demandé à JD.com de se soumettre à la procédure de contrôle des investissements étrangers en France, et si le rachat est autorisé, il sera assorti de conditions.

Ce mercredi, JD.com a accepté les conditions posées par Bercy : "Ils vont rester un actionnaire dormant, aucun droit de gouvernance, aucun impact sur la gestion de l'entreprise", a expliqué le ministre de l'Économie sur France Inter, Rolland Lescure. "On passe d'un actionnaire allemand à un actionnaire chinois, qui n'aura aucun impact ni sur la gestion, la gouvernance", a-t-il ajouté.  
 
C'est de toute façon Daniel Kretinsky, l’autre actionnaire, qui aura le dernier mot, car il est le plus important. Ce qui est rassurant, c’est qu’il est très actif en France. Il vient de signer un gros accord avec TotalEnergies, devenant l’un des plus gros actionnaires du pétrolier. Il a racheté également une partie du groupe Casino et est propriétaire d’un des principaux éditeurs français, Editis. Il a donc de bonnes raisons de ne pas laisser filer Fnac Darty en Chine.

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