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Decathlon, Leroy Merlin, McDonald's, Novotel... Comment la recharge électrique rebat les cartes de la bataille entre les enseignes spécialisées et les hypermarchés

Les bornes de recharge pour véhicules électriques se multiplient dans l'Hexagone ces dernières années. Elles sont notamment accueillies par des enseignes qui ne détiennent pas de stations-services classiques, ce qui constitue un risque pour les grands supermarchés.

Borne à recharge électrique (illustration)

Crédit : Prakash MATHEMA / AFP

Stations-services électriques : le nouveau champ de bataille des enseignes

00:04:39

Stations-services électriques : le nouveau champ de bataille des enseignes

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Olivier Dauvers - édité par Ennio Aparicio-Szkudlarek

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"Faire le plein" en allant au supermarché signifiait jusqu'à présent remplir son caddie ou remettre de l'essence dans sa voiture. Il sera désormais possible de faire le plein d'électricité. 

Nous avons tous en tête l'image de la station-service située à l'entrée du parking de l'hypermarché, mais aussi celle de la bataille que se livrent les enseignes entre elles sur les prix. C'est d'ailleurs pour cela que les totems - où sont affichés les prix de l'essence dans les stations - comptent trois chiffres après la virgule. Le but est de montrer à quel point on se tire la bourre en jouant jusqu'à la dernière centimale (unité qui suit la décimale). 

Produit d'appel, le carburant est un argument d'attraction des consommateurs pour un hypermarché depuis bientôt 40 ans. Mais cette bataille est en train de changer avec l'émergence de l'électrique.  

De nouveaux concurrents aux hypermarchés qui tiennent des stations

Les enseignes classiques ont face à elles de nouveaux concurrents qu'elles n'avaient pas sur le pétrole "classique". C'est le magasin Lidl qui exploite le plus de bornes de recharge électrique, avec 5.500 bornes disponibles. Un total deux fois plus élevé que Leclerc, alors même que Lidl n'exploite aucune station-service classique et ne vend ni essence, ni gasoil et ni SP95. 

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Voilà pourquoi l'électrique est en train de rebattre les cartes. Il est plus facile d'installer quelques bornes électriques sur le parking d'un Lidl que d'installer une station-service, qui nécessite de respecter de nombreuses normes de sécurité autour des cuves, par exemple. 

Des bornes sont désormais disponibles sur les parkings d'enseignes spécialisées comme Decathlon ou Leroy Merlin, qui ne disposent pas non-plus de station-service classique. McDonald's compte aussi des recharges pour véhicules électriques, tout comme les hôtels Novotel et Mercure. En clair, les hypermarchés sont en train de perdre l'arme de l'essence pour attirer les automobilistes.

Utile au consommateur

Cette multiplicité de l'offre est une bonne nouvelle pour les clients. La concurrence est en effet bénéfique pour le consommateur. De nombreuses options existent pour les voitures électriques. Le prix est le premier élément de différenciation évidemment, mais la qualité de la recharge (lente, rapide ou ultra-rapide) et de l'électricité (issue d'énergie renouvelable, éolienne ou traditionnelle) jouent aussi un rôle dans les choix de l'acheteur. 

Ces spécificités donnent une autre valeur au produit électrique. Il y a donc plus d'éléments de différenciation sur l'électrique qu'il y en a sur les carburants classiques. Par conséquent, les enseignes ne manquent pas de raisons pour se tirer la bourre entre elles.

Les retombées de la concurrence permettent aux automobilistes de bénéficier aujourd'hui d'une recharge rapide autour de 29 centimes le kilowatt, ce qui n'est vraiment pas cher.

Vers un meilleur affichage des prix de recharge ?

En revanche, il est plus difficile de connaître réellement le prix à payer après recharge, contrairement à un plein d'essence. Les tarifs ne sont pas affichés aussi clairement qu'en station-service classique. De plus, on ne sait pas exactement combien on en met, puisqu'il n'y a pas cette idée de volume avec les litres qui défilent. 

Il faut donc apprendre certains réflexes. Le premier est d'avoir les bons repères de prix. Par exemple, 29 centimes pour une recharge rapide, c'est une très bonne affaire. La facture grimpe évidemment sur autoroute, car la recharge se fait cette fois-ci en ultra-rapide. Il serait malgré tout utile pour les automobilistes de bénéficier de meilleurs éclairages sur le coût de recharge de leur véhicule. Affaire à suivre. 

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