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Crédit immobilier : les jeunes encouragés à accéder à la propriété

ÉDITO - Durcies il y a un an, les conditions d'obtention d'un crédit immobilier ont été assouplies pour permettre aux jeunes d'acquérir un logement.

La signature d'un crédit bancaire (illustration)
La signature d'un crédit bancaire (illustration)
Crédit : DR
Crédit immobilier : les jeunes encouragés à accéder à la propriété
03:07
Crédit immobilier : les jeunes encouragés à accéder à la propriété
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François Lenglet - édité par Jérémy Billault

Favoriser l'accession à la propriété des jeunes, c'est l'objectif des nouvelles mesures sur le crédit immobilier. Dans un tête-à-queue étonnant, les autorités financières françaises ont assoupli les conditions d'accès au crédit immobilier, après les avoir durcies il y a un an.

Désormais, on pourra s'endetter sur 27 ans, et non plus sur 25, et le montant des remboursements pourra atteindre 35% des revenus mensuels, et non plus 33. Plus fort encore, les banques sont désormais incitées à accepter même des demandes ne respectant pas ces critères, au maximum pour 20% des dossiers

L'idée est bien sûr de permettre à ceux qui sont un peu justes côté salaire, les jeunes en particulier, de parvenir malgré tout à acheter leur logement. Ils avaient été quasiment exclus du marché du crédit par les banques.

Les vendeurs ont tiré profit de la baisse du coût du crédit depuis vingt ans

Cela fonctionnera dans les zones rurales et dans les villes moyennes, c'est un peu d'air apporté aux emprunteurs, qui s'ajoutent à des taux d'intérêt très faibles, aux alentours de 1% par an. Mais il y a toute une partie de la France où l'on pourrait avoir des effets tout à fait contraires au but recherché. Dans les métropoles, où l'offre de logement est très insuffisante.

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Toute amélioration de la capacité d'emprunt des acheteurs se traduit donc immédiatement par une hausse de la demande, donc des prix. C'est-à-dire que le bénéfice des mesures d'aide à l'emprunt passe de l'acheteur au vendeur.

C'est un paradoxe, mais dans les grandes villes, ce sont les vendeurs qui ont tiré profit de la baisse du coût du crédit depuis vingt ans. En clair, ils vendent plus cher, les acquéreurs sont plus endettés, mais ne peuvent pour autant acheter plus grand, à cause de la hausse des prix.

Ces nouvelles mesures pourraient bien avoir le même effet : mettre du white-spirit sur le barbecue, autrement dit alimenter les flammes de l'inflation immobilière.

Le pouvoir d'achat immobilier progresse

Le pouvoir d'achat immobilier, qui mesure le nombre de mètres carrés qu'un salaire moyen peut acheter, a progressé, selon la FNAIM, de 6% sur les vingt dernières années. Ce n'est pas quand même pas énorme, alors que les revenus ont progressé de 12%, et que les taux d'intérêt ont considérablement chuté sur la période. 


C'est bien sûr encore à cause de la hausse des prix. Et quand on regarde dans le détail, il y a des disparités importantes. En zone rurale, le pouvoir d'achat immobilier a pris 50%, parce que les prix ont baissé.

À l'inverse, dans les dix plus grandes villes françaises, il a chuté de 20%. Et à Paris, il s'est effondré de 38%. Justement à cause de l'effet que je décrivais à l'instant.

On croit les aider, en réalité, on améliore le patrimoine des vendeurs, et ce ne sont généralement pas des jeunes. La seule bonne solution, c'est d'augmenter l'offre dans les zones tendues, pour rééquilibrer le rapport de forces entre acheteurs et vendeurs et limiter la hausse. 

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